NO COMMENT !!
Avec un peu de retard, mais vous ne m'en voudrez pas !
Lettre d'une infirmière en lutte à Martin Hirsch - Là-bas si j'y suis
Sans commentaire, non ?!
A diffuser sans modération.
Avec un peu de retard, mais vous ne m'en voudrez pas !
Lettre d'une infirmière en lutte à Martin Hirsch - Là-bas si j'y suis
Sans commentaire, non ?!
A diffuser sans modération.
Qui paye qui ?
Encore une fois, le débat est tronqué et on se trompe de combat.
Mais cela devient une habitude !
Les médecins râlent à propos de la loi de la Ministre de la Santé sur le tiers payant. « Vous vous rendez-compte ça va nous faire du boulot en plus, de la paperasse à remplir et on déresponsabilise les patients et la sécu va pas nous payer etc … etc … »
Cette antienne reprise aussi par les médias qui se font des gorges chaudes sur les méchants médecins qui ne veulent pas faciliter la vie des français, alors que les pharmaciens le fonds et tout se passe très bien !
Pour la petite histoire, les pharmaciens sont très contents depuis que la sécu leur a imposé le tiers payant, avec des factures entières, bloquées et impayées et des soi-disantes pénalités de retard qui ne sont jamais honorées.
Mais là n’est pas le problème. Le vrai problème. Vous vous souvenez peut-être, il y a quelques années, j’avais fait un article sur une loi très discrète qui était passée et qui ouvrait tranquillement la voie aux les Mutuelles privées à l’accès des données médicales personnelles.
Jusqu’à présent, les mutuelles remboursent en aveugles. La sécu leur dit vous rembourser, elles remboursent. Elles ne sont pas sensées connaitre les prescriptions médicales, les médicaments et les traitements préconisés par les médecins. Qu’ils soient généralistes, ou spécialistes
Ça ne pouvait pas durer. Leur but étant de gagner de l’argent et d’augmenter leurs bénéfices, il faut pour cela qu’elles aient un accès complet aux données pour établir le rapport coût/bénéfice de chaque client. Cela s’appelle la gestion comptable des dépenses !
C’est comme l’assurance de la voiture. Si vous avez trop d’accident, on commence par augmenter la cotisation avant de vous virer comme un malpropre !
Là c’est pareil. La généralisation du tiers payant a pour but d’avoir un contrôle, non pas sur les dépenses publiques, mais bien sur les bénéfices des mutuelles.
Dans un premier temps, tout continuera comme aujourd’hui, la sécu remboursera le médecin et les informations seront transmises à la mutuelle qui devra rembourser.
Pour le moment, la seule question qui se pose est celle des franchises. Car comment récupérer les franchises si le patient n’a plus rien à débourser ? Un remboursement en fin d’année qui pourra atteindre les 100 ou 200 euros ? Cf article sur le sujet !!
Mais ensuite, le but étant de réduire les dépenses de santé pour atteindre les fameux critères de « Ma trique », ce sont les mutuelles qui géreront le bébé. Quand elles auront toutes les informations et prendront la place de la sécu, elles pourront contester les ordonnances et les traitements donnés par le médecin car trop onéreuses ou pourront décupler les cotisations pour rentrer dans leur frais.
Simple, non ?
Vous allez me dire que je vois tout en noir et que jamais cela n’arrivera !
Naïfs que vous êtes. C’est déjà arrivé ! La RAM en est un bon exemple.
Prenez un patient qui exerce une profession libérale, qui est suivi par un spécialiste pour un traitement de fond. Voilà t-y pas que la dites Ram se met à écrire un joli courrier au médecin spécialiste pour lui demander si le traitement est vraiment nécessaire, que l’âge du patient n’est pas en rapport avec la pathologie et donc le traitement et qu’il faudrait voir à arrêter tout cela !! Sous-entendu, dépenses inutiles et coûteuses pour la caisse !!
Le médecin a du faire plusieurs courrier à la caisse pour gentiment lui dire que le spécialiste, c’était lui et qu’elle se mêle de ses affaires.
Pour le moment, l’affaire s’est arrêtée là, mais qu’en sera-t-il quand les données médicales seront à la disposition de la caisse ? Fin des remboursements pour un traitement jugé inutile ou augmentation de la cotisation pour garder ces marges ?
La question reste entière !
Vous voyez ce que va devenir le système de santé ? Et ne me dites pas que la situation est due aux nombreux abus qui durent depuis trop longtemps !
C’est une volonté de détruire le système existant sous couvert de réforme.
Ce n’est pas pareil.
Que voulons-nous ? Une rentabilité économique ou une rentabilité humaine ? Aujourd’hui, ce n’est pas un choix puisque l’on impose l’une par rapport à l’autre.
Je m‘explique.
Prenons le sommeil. Certains vous expliqueront avec force conviction que le sommeil est une perte de temps et que dormir c’est bon pour les feignants. Eux, les vrais « hommes », ne dorment que quelques heures et cela suffit largement. Alors, c’est vrai, chacun a un rythme différent et nous ne sommes pas égaux devant le sommeil. Et oui, pendant le sommeil, l’homme est improductif et ne rapporte pas d’argent.
Oui, mais !
Le sommeil est essentiel, vital pour vivre (tautologie !) et le manque de sommeil induit, une fatigue excessive qui jamais ne se rattrape, un fort stress qui peut générer cancer, maladie cardio-vasculaire, dépression jusqu’au suicide. Et si l’on pousse le processus comme l’on fait américains et soviétiques en empêchant les gens de dormir ; lavage de cerveau et servilité.
En clair, si on dort normalement et selon son horloge biologique, on vit plus longtemps. Donc si l’on rapporte la productivité sur une vie entière, le sommeil n’est pas un handicap. Sauf si l’on a comme postulat la rentabilité immédiate et à court terme.
Louis Renault, au début du siècle précédent, s’était rendu compte que ses ouvriers étaient beaucoup plus productifs quand ils revenaient de repos alors que sans, ils commettaient des erreurs, il y avait des accidents et que le coût des pièces à refaire grevait les bénéfices. C’est Marcel Dassault (Le père de Serge, qui sucre les fraises et les électeurs de sa commune. Le père était ingénieur, pas le fils !!) C’est Marcel Dassault, donc, qui a donné 15 jours de congés payés à ses salariés bien avant 1936 car ceux si préféraient cela à une participation aux bénéfices de l’entreprise, proposé par M. Dassault pour les remercier des très bons résultats.
Prenons un autre exemple. La santé ou plus précisément le système de santé dont on bénéficie dans nos pays. Par principe, soigner les gens pour éviter qu’ils ne meurent n’est pas une idée rentable. Juste de bon sens. Mais depuis le livre blanc de Michel Rocard en 1991 (vous voyez, cela ne date pas d’hier !) les énarques et les financiers ont voulu rendre la santé rentable. Cela s’appelle « La gestion Comptable des Dépenses » Ah ! Le joli mot.
Le principe est plus simple à comprendre. Quand on soigne les gens, on dépense de l’argent et les sommes versées par les patients ou l’Etat, ne suffit pas à rembourser les sommes dépensées. Donc, il faut à tout prix que les dépenses soient à hauteur des remboursements ou inversement. CQFD !
Le problème, c’est que les financiers, obnubilés par leurs colonnes de chiffres ont oublié qu’un patient bien soigné revient dans le système de production pour produire et consommer. Mais cela, on ne le calcule pas. Ce ne sont pas les mêmes colonnes.
Dans le même ordre d’idée, on a coutume d’entendre qu’un salarié coûte cher, en salaire et en charges sociales, sans s’occuper de ce qu’il rapporte en terme de productivité. Pas la même colonne !!
En cas de nouvelle guerre, si ce sont les financiers qui dirigent, on la perdra de nouveau très rapidement. Si on ne soigne pas les blessés, à perte, pour retourner au combat, on se retrouvera rapidement à cours de soldat !! CQFD !!
Dans la propagande maintes fois rabâchée depuis plusieurs années, on insiste sur le fait qu’il faut « diminuer les dépenses publiques qui grèvent le budget de l’Etat et l’empêche d’être compétitif ». En dehors du fait que ce sabir ne veut pas dire grand-chose, sinon entourber les esprits simples qui finissent même par répéter ce qu’ils ne comprennent pas mais qu’ils considèrent comme une vérité quasi divine, déversée par les Oracles du 20 heures, la réalité est un tout petit plus nuancée.
Et de sortir une formule basique et si simpliste que l’on est bête de ne pas y avoir pensé plus tôt : « On ne peut pas dépenser plus que ce que l’on a » !
Mais Bon dieu, mais c’est bien dur, comme dit l’urologue de Dominique Strauss-Kahn.
Si je n’ai que cent euros dans mon porte-monnaie, je ne peux pas en dépenser cent dix ! Si c’est vrai pour la ménagère de moins de cinquante ans, c’est forcément vrai pour un Etat. CQFD !
En dehors du fait que la ménagère de moins de cinquante ans et le terroriste islamiste de moins de trente-trois ans ont aujourd’hui à leur disposition Cofinoga et Cetelem, 5e chevalier de l’Apocalypse après la Mort, la Famine, la guerre et la maladie.
Car à votre avis, comment cela se fait-il qu’on prête à la France à un taux négatif ? Vous avez déjà vu un banquier vous prêter de l’argent à perte ? Moi Jamais ! Et pourtant, c’est ce qui arrive à la France depuis plusieurs mois déjà. Quand on prête à la France 100 euros, elle ne rembourse pas 115 ou 120 euros comme les grecs, mais 95 euros !
Elle n’est pas belle la vie ? Et en plus on a perdu notre triple A !
Et pourquoi donc, me demanderez-vous ? Eh bien parce les prêteurs considèrent que la France, vue son patrimoine, ses entreprises, ses résultats, sa productivité ne pourra pas ne pas rembourser et que même en perdant un peu, ils gagnent beaucoup et à coup sûr par rapport à d’autres investissements plus risqués !
Et la Banque Mondiale et le FMI qui commencent à dire à demi-mot couvert par la discrétion journalistique (vous savez, les 30% !!) que le déficit, bah, en fait, c’est pas si grave que ça !!
Ah, bon ! Et pourquoi diantre, demande-je ébaubi ?
Et bien parce que cela rapporte. Prenons une profession de santé. Une infirmière ou un kiné. Il ne produit pas d’argent à proprement parlé puisqu’il ne vend rien. Mais il paye des impôts et des taxes comme n’importe quel citoyen. Il dépense son argent durement gagné en biens de consommation. Il a besoin de matériel pour exercer son métier, matériel parfois fabriqué en France, souvent plus, mais qui est vendu par des entreprises qui font vivre des salariés et qui payent des impôts et des taxes. Les patients soignés et remis en état, vont reprendre une activité qu’ils pourront exercer au mieux de leur capacité puisqu’exempt de douleur fatigante et usante qui les minaient jusque-là réduisant d’autant leur productivité……
La boucle est ainsi bouclée !
Reprenons ; à l’image de notre dormeur qui va vivre plus longtemps, l’économie, c’est un système global et ce qui coûte ici, rapporte là !
Même si ce que cela rapporte est difficilement quantifiable et ne fait pas partie de la même colonne !
Enfer et boules de bittes, comme disait Pierrot.
Pensez-y la prochaine fois que l’on vous dira qu’il faut réduire les dépenses publiques et supprimer tous ces feignants de fonctionnaires et tous ces privilégiés qui abusent du système ! CQFD Ou « C’est Qui qui l’a dans le Fion Dorénavant ! » ou plus gentiment « Ce Qu’il Fallait Dénoncer ! »
A bonne en tender, phallus !
"Reflets de table" - Crédit Fix (dorénavant, les photso seront de moi, et toc !!)
Conversation retranscrite d’après un enregistrement (presque) imaginaire réalisé lundi matin dans une banque d’affaires. Les termes employés n’engagent que ceux qui les ont utilisés et ne relèvent pas de la responsabilité de l'auteur de ce blog.
- Ah les salauds ! Non, mais tu as vu ça ? Ces connards ont voté pour l’extrême gauche. Mais où va-t-on, je te le demande ? En plus des mesures économiques on aurait dû leur supprimer le droit de vote à ces trous duc ! C’est toujours pareil, tu leur donnes ça et ils en veulent toujours plus. Jamais content. Appelle-moi Papandréou, qu’on règle ça.
- Mais il n’est plus Premier Ministre !
- Quoi ?! Mais ça fait 90 ans qu’on traite avec eux ! Ils ne nous ont jamais rien refusé.
- Le Pasoc a fait 4% aux élections. Papandréou, c’est fini.
- Et c’est le bolchévique qui va diriger le pays ?
- Il a 148 sièges, quasiment la majorité absolue !
- Il va nous faire le coup de l’emprunt russe ce connard ! Quand je pense à ce qu’on va perdre. Leur prêter de l’argent avec un taux de 22% alors que la BCE nous l’avait filé à 0%, c’était quand même une super idée. Comment on va faire notre gras, maintenant ?
- Au pire, ce sont les pue-la-sueur européens qui vont nous rembourser.
- Je sais bien. Mais c’est pour le principe. Tu imagines si les espagnols ou les portugais veulent faire pareil ! En plus, on avait presque réussi à créer le paradis en Grèce. On en était à deux doigts. Suppression des services publics de la santé, de l’éducation et de l’information, diminution par deux des pensions de retraites, suppression du salaire minimum …. Il faut toujours qu’il y ait des briseurs de rêves. Tiens, j’en pleurerai !
- Le peuple a parlé.
- Ah ! Me parle pas du peuple, ça me file de l’urticaire ! Un ramassis de connards qui ne comprennent rien à nos intérêts. Quand on lui laisse le choix, il fait n’importe quoi. Regarde Maastricht, on est passé à ça et quand à la Constitution Européenne, il l’a rejetée, le peuple. Si je tenais l’imbécile qui a décidé de leur faire lire, aussi.
- Faut les comprendre. Dedans on avait mis l’interdiction d’une harmonie sociale et fiscale et le détachement des travailleurs …..
- On leur demandait de voter. Pas de comprendre ! Heureusement que le petit nerveux l’a fait voter par des gens sérieux. J’espère qu’aucun connard n’aura l’idée de proposer un référendum pour le prochain traité transatlantique. Ce serait une perte de temps pour sa mise en application ! Non, mais là on a atteint une limite. Moi je te le dis. Pour la France, on leur laisse encore jusqu’en 2017, mais s’ils ne votent pas Le Pen, qui m’a promis de supprimer le droit de vote, il faudra prendre des mesures.
- C’est avec le père que tu avais conclu. Pas sûr que la fille fasse pareil. Vu son discours ….
- T’es con ou quoi ? Le père ou la fille, c’est la même chose ! La devanture a changé mais le fonds de commerce reste le même. 40 ans d’ultra libéralisme et d’antibolchévisme, ça s’efface pas comme ça ! Au pire, il reste la petite fille. J’en ai déjà parlé avec elle, elle est d’accord.
- Et pour la Grèce ?
- Je vais me renseigner auprès d’Obama pour savoir si la CIA n’a rien contre Tsipras. Un bolchévique, ils ont sûrement quelque chose. Sinon, ils inventeront. Au pire, je peux demander à Poutine. Il doit lui rester du polonium !
- Et sinon ?
- Bah, sinon, il faudra armer l’extrême droite et les aider à faire un coup d’Etat. Souviens-toi du Chili de Pinochet, nos affaires marchaient du tonnerre.
- Même après, quand on a fait casquer les chiliens pour rembourser les prêts qu'on avait octroyer à leur Généralissime ! Le coup de génie !
- Tu m'étonnes. Mais rendre un pays européen complètement acquis à nos idées, ce serait quand même mieux. Tous les jours, je prie Saint Friedman pour que ça arrive. C’est quand même inconcevable de devoir supporter tous ces connards.
- Que veux-tu. Si le peuple n’existait pas, nos saints textes économiques pourraient s’appliquer sans entrave.
- Bon, allez, il faut que je te laisse. J’ai rendez-vous avec Bachar pour un prêt. Depuis les attentats de Paris, il est redevenu fréquentable. J’ai le feu vert d’Obama.
- Tu y vas comme ça ?
- J’ai 5 courriers à lui remettre. Une recommandation de Poutine et un courrier d’Obama, de Hollande et de Cameron. J’attends qu’on me fax celle de Merkel. Par contre, je ne peux pas lui prêter à plus de 15%. Ordre du Secrétaire d’Etat au commerce.
- C’est dur !
- Oui, mais comme il va nous acheter des armes et du matos avec, on s’y retrouve. Ah ! Au fait, avant que j’oublie, tu diras à Pete de Standard (& Poors – Note du transcripteur) que je suis d’accord pour prendre ses merdes, mais qu’ils se débrouillent pour les passer en triple A avant 6 mois. J’aurai besoin de fonds à ce moment-là.
- 6 mois ? C’est un peu court ! S’il discute ?
- Et bien s’il rechigne, tu lui diras que j’ai un ancien copain de fac qui vient d’être nommé chez Moody’s. Il ne réfléchira pas longtemps, crois-moi !
Amis de la Démocratie et de la transparence, bonsoir !!
Ami(e)s de la sodomie quotidienne mais qui fait mal au cul quand même, bonsoir !
Décidément, plus con qu’un élu écologiste, je ne vois pas.
Vous allez me dire, pourquoi m’acharne-je autant sur ces pauvres petits hommes verts qui n’ont qu’un seul but sauver le gros nounours blanc de la banquise qui fond plus vite qu’un glaçon dans un verre de pastis ? Ne serais-je qu’un sale égoïste inconscient qui ne pense pas aux générations futures qui me remercient d’avance de la poubelle puante que je vais leur laisser ! En plus de la dette !
Je vous répondrai qu’ils arrêtent juste de m’emmerder avec ma bagnole qui pollue moins qu’avant, qu’ils cessent de culpabiliser les citoyens et qu’ils dénoncent les pratiques de l’Etat et des grands groupes privés.
En résumé, qu’ils arrêtent d’être des gros cons.
Voyez Bécassine. Elle se fait tacler à cause de la taxe carbone qui a failli mettre les routiers dans la rue et bloquer le pays, elle contre-attaque dans une sortie démagogique digne des grands jours de la campagne de 2007. Les sociétés autoroutières font 20% de bénéfice, ok, on leur tape 10% pour la taxe carbone avortée et 10 autre % pour remplir les caisses. A pis tiens en plus, ils ont qu’à rendre les péages gratuits le week-end ! Ça, c’est de la force de proposition !
Réponse des entreprises susdites via leur porte-parole, j’ai nommé le premier ministre : « T’es gentille cocotte, mais à ton avis si on a augmenté le prix du péage le dimanche entre 16 heures et 20 heures, c’est pour se gaver, c’est pas pour rendre gratuit le meilleur moment de la semaine ! Alors maintenant, tu vas faire joujou avec tes autocollants sous les interrupteurs et tu nous lâches.»
Quant à la taxe carbone, je ne vous fais pas un dessin qui serait forcément indécent, voir obscène, puisque l’ultime solution va être d’augmenter le prix du gasoil. Si on avait commencé par là, on aurait gagné deux ans et des dépenses inutiles.
Mais le plus drôle après cette saillie, fut le tollé unanime des écolo-chons qui au nom de l’écolo-chie (Merci Cockpit), arguèrent que cela augmenterait la pollution car les français prendraient tous l’autoroute le week-end pour bénéficier de cet effet d’aubaine. Bah, oui, je suis con ! Je vais prendre ma voiture et faire 400 bornes pour le plaisir, rien que pour profiter du péage gratuit !
« Faudrait déjà que je puisse mettre assez d’essence dedans, eh ! Couillon ! »
Mais ce n’est encore rien. Car si l’écolo de mes deux a peur de retrouver les pue-la-sueur le dimanche soir quand il rentre de sa maison de campagne, il n’a en revanche aucune crainte du car.

Crédit : Mon voisin Totoro - Hayao Miyazaki
Je m’explique. Notre nouveau ministre de l’économie, le petit Macaron, est un pur produit de l’ENA, propre sur lui et ultra libéral à souhait. Lui aussi veut mettre un terme aux profiteurs des professions réglementées. Comme ça a pêché du côté des notaires, huissiers et pharmaciens, il tente le transport au travers des cars.
La réglementation est en effet un tantinet bizarre :
« En France, les liaisons interrégionales ne sont autorisées que dans le cadre d’un trajet international. Le car peut faire des arrêts pour prendre des passagers, mais à certaines conditions : les clients en cabotage ne doivent pas représenter plus de la moitié des voyageurs et pas plus de la moitié du chiffre d’affaire de la ligne internationale. Les principaux acteurs sur ce marché sont Megabus, filiale du britannique Stagecoach, Eurolines (groupe Transdev) et la SNCF (via le service iDBUS) » Courrier international — 1248 du 2 au 8 octobre 2014
En clair, si vous voulez faire un Paris – Bordeaux en car, ce n’est possible que si la ligne fait, par exemple, Bruxelles-Paris-Bordeaux-Barcelone !
Or donc, pour Libérez le pouvoir d’achat, libérons les autocars sur les routes de France ! Cela va créer des emplois et du pouvoir d’achat. D’ailleurs les allemands l’ont déjà fait et si les allemands l’ont fait c’est forcément bien !
Effectivement les allemands l’ont fait. En 2013.
Et voilà le résultat au bout d’un an et demi …..
« […] Selon les estimations des experts, le transport par autocar pourrait générer bientôt 600 millions d’euros de chiffre d’affaires par an – en partie au détriment du chemin de fer. Ces nouveaux concurrents ont déjà fait perdre 50 millions d’euros à la Deutsche Bahn [l’équivalent de la SNCF] rien qu’au premier semestre 2014. La grève des conducteurs de train début septembre leur a donné un nouveau coup de pouce : il a fallu affréter des cars supplémentaires en raison de l’afflux de voyageurs. Les chauffeurs de car, qui ne peuvent que rêver des conditions de travail pour lesquelles se battent les cheminots, sont en nombre insuffisant. Car le marché ne cesse de s’accroître.
Guerre des prix.Toutefois, les autocaristes ne gagnent pas encore d’argent. Leurs coûts de fonctionnement sont relativement fixes : carburant, salaires, réparations, amortissement des véhicules et surtout marketing. Ce sont en effet les publicités en ligne – souvent très chères – qui permettent d’appâter le client. Pour faire des bénéfices il faudrait d’abord que les prix augmentent.
[…] Retards, annulations, Internet défectueux sont souvent dénoncés sur Facebook et sur les forums. Untel, qui a payé son billet 10 euros, veut être conduit à destination en taxi parce que son car a été annulé. “Il y a des limites”, s’offusque Engert – et certains les franchissent allégrement. Mais vu la concurrence actuelle, tout est possible ou presque. »
Martin U. Müller Publié le 8 septembre dans Der Spiegel cité par Courrier international — 1248 du 2 au 8 octobre 2014
Vive le vrai libéralisme avec de vrais morceaux de concurrence et de chômeurs dedans.
On dira encore qu’il faut privatiser la SNCF, vu qu’elle perd de plus en plus d’argent !
Et puis le car il ne pollue pas ! N’est-ce pas ? Pas de risque d’accident non plus, avec des chauffeurs mal payés, stressés et fatigués par les nécessités de rentabilité ?
Avez-vous entendu un seul de ces écolos bon teint s’insurger contre cette mesure ?
AU-CUN !
Je connaissais l’écolo rouge-brun, voici venu l’écolo libéral-démagogue qui préfère chier sur la planète pour garder son mandat électoral plutôt que faire de la peine aux grandes entreprises et aux cerbères ultra libéraux.
Futur(e)s ami(e)s tétraplégiques et asthmatiques, bonsoir !
L'émission emblématique de France Inter a vécu. Après 25 ans de bons et loyaux services, Mermet l'agitateur est jeté aux ordures comme une vulgaire ampoule même pas recyclable !
Les marchands de canons, de béton, d'avions et de caleçons font nous faire une crise de priapisme carabinée pendant que les journalistes écraseront peut-être une larme, la queue basse, en effaçant rapidement les dernières archives de LBJS encore sur leur disque dur. On ne sait jamais !
Quand à la nouvelle patronne de France Inter, elle nous prouve une fois de plus que la docilité servile n'est pas l'apanage des hommes. Une bonne nouvelle pour l'égalité entre les sexes ! Il est probable qu'en 2017, cette femme de poigne devienne ministre de la prop.. Culture du seul vrai gouvernement qui saura mettre à bas l'Anti-France.
En même temps, il l'avait bien cherché à toujours vouloir remettre en doute le dogme friedmannien et ses formidables bienfaits. Il est même étonnant que Mermet est survécu si longtemps. Il ne faut pas qu'il se plaigne. En Chine, les autorités, dans leur infinie sagesse millénaire, n'auraient pas attendu qu'il ait 71 ans pour lui apprendre à vivre !
Voici un texte paru dans le Monde Diplo quelques semaines avant son éviction par l'impétrant. Oraison funèbre du service public qui n'est plus que l'ombre brune de lui-même.
Deux choses tétanisent les dirigeants de Radio France : les enquêtes d’audience, reflet d’une logique commerciale, et la nomination de leur président, effectuée sous influence politique. Informer, instruire, divertir : les termes du triptyque fondateur de la radiodiffusion publique ont connu des fortunes diverses. Il y a 70 ans, à la Libération, le troisième ne supplantait pas les deux premiers. Voici, dans sa version intégrale, un article de Daniel Mermet publié dans le Monde Diplomatique de mai 2014.
Les auditeurs reviennent toujours. On pourrait graver cette phrase en lettres d’or sur la maison de la Radio. Quand l’audience décline, quand un président arrive, quand un humoriste se fait virer, quand l’actualité ne fait pas recette, il y a toujours une voix placide dans l’ascenseur pour dire, « Bah, les auditeurs reviennent toujours ! ». Un directeur se demandait même un jour ce qu’il faudrait faire pour que les auditeurs s’en aillent vraiment une bonne fois pour toutes.
Pour France Inter, la première radio de Radio France, deuxième radio généraliste du pays avec plus de cinq millions d’auditeurs chaque jour, l’audience en effet semble un long fleuve tranquille. Pas plus de trois grosses fâcheries en quarante ans. En 1974, lors de l’éclatement de l’ORTF, en 1981 avec l’arrivée de la Gauche au pouvoir, l’abolition du monopole et l’explosion des radios libres et en mai 2005, avec le referendum pour le TCE où le Non l’a largement emporté alors que la rédaction de France Inter avait milité avec ferveur pour le Oui. A chaque fois les auditeurs sont revenus.
Pourtant , quatre fois par an, la publication des chiffres d’audience par le très opaque institut de sondage Médiametrie distille l’angoisse au long des couloirs de France inter. Surtout vers le bureau directorial. Il s’en échappe des volutes de discours avantageux sur la grandeur du service public et la complexité chez Edgar Morin, mais en vérité tout se réduit au seul et unique tracé d’une flèche vers le haut ou vers le bas.
A la machine à café, journalistes et petites mains dénoncent rituellement le système douteux des enquêtes d’audience Médiamétrie, dont sont actionnaires les grandes radios privées afin de fixer leurs tarifs publicitaires ce qui ne concerne pas la radio publique qui est affranchie de cette contrainte, mais qui pourtant est également actionnaire de cet institut.
Incapable d’affirmer sa différence en lui redonnant un sens et une ambition, la radio publique, a fini par s’aligner sur la loi du marché. Imaginez un cheval libre, pouvant aller et courir à son gré à la découverte des grands espaces et qui faute d’esprit et de désirs, viendrait s’aligner auprès des chevaux de labour creusant leur sillon monotone pour le compte d’une société lucrative sans but. Le chiffre d’audience Médiamétrie est devenu le seul critère et le seul but de France Inter. Seule compte la quantité. Le Beaucoup a tué le Pourquoi. Les rebelles de la machine à café l’affirment haut et fort, toutes les grandes conquêtes de l’esprit, toutes les grandes émancipations collectives , apparaissent d’abord minoritaires et subversives. Dans les idées, comme dans l’art, comme dans la politique. Avec Médiamétrie , pas de Galilée, pas de Van Gogh, pas d’Einstein, même pas un Desproges. Et Roland Barthe, sa flèche elle monte ou elle descend ? Le principe du business a contaminé les valeurs du service public de la radio et va lui faire la peau comme la Poste, la Santé , l’Assurance sociale, la banque populaire, l’ enseignement, la recherche…
Partout l’Eglise de Chiffrologie étend son règne. A Radio France, quatre fois par an, devant un aréopage pénétré, des chiffres magiques sont projetés sur un écran, interrogés et savamment interprétés selon des rites incantatoires empruntées aux antiques devins qui scrutaient le vol des oiseaux ou les entrailles des poulets et donnaient un avis qui bienheureusement, venaient confirmer les ordres toujours exquis de l’Empereur.
Certes, on fait de la radio pour être écouté et il est nécessaire de connaitre la réponse du public. Mais tout autre mode d’évaluation de l’audience a été abandonné. Qualité, utilité, service, débat sur avec le public. D’autres enquêtes sont possibles pour mener le navire vers les grands horizons.
« Ecoutez la différence » tel était le slogan de France Inter à la fin des années 70. Doctement, le directeur expliquait alors qu’il s’agissait de la différence entre un client et un citoyen. Les radios privées s’adressent à un client, les choses sont claires. La radio publique elle, s’adresse à un citoyen. Cette différence tient en deux mots, l’ambition et l’obsession. Avoir l’obsession de l’audience c’est le secteur privé, avoir l’ambition de l’audience c’est le service public. Applaudissements garantis.
« La différence » . La formule a été reprise récemment, plus de trente ans après. Mais c’était une toute autre différence. C’était la distinction. Ecouter France Inter vous distingue du commun des mortels. L’ancien directeur, Philippe Val, l’affirmait clairement, « France Inter ça se mérite, c’est pas beauf, pas démago, pas vulgaire ». Comme naguère dans nos colonies, ce directeur s’était senti investi d’ une mission civilisatrice à laquelle il avait cependant donné des limites très nettes « La meute m’emmerde et j’emmerde la meute » (Télérama)
Ce mépris marque une rupture avec ce « grand public » que constitue les auditeurs de France inter. Dans un message (décembre 2013) un auditeur de Marseille mettait en évidence l’élitisme de cette radio. « C’est une radio généraliste, donc elle est censée traiter de tous les sujets. J’ai passé en revue pas moins de 55 émissions différentes. Si l’on exclut les tranches d’information, on s’aperçoit vite que presque tout les programmes sont au service exclusif de l’industrie culturelle. Si vous êtes chanteur, musicien, acteur, metteur en scène, écrivain, vous avez une petite chance que l’on parle de vous ou de votre univers artistique. Pas moins de dix émissions sur la musique, au moins huit magazines multiculturels, le cinéma, le théâtre sont gâtés, mais la science, l’histoire, l’économie ne sont pas oubliées, de même que nos amis les bêtes, la grande cuisine et le sexe à minuit. L’auditeur cultivé et diplômé est donc choyé. Mais les sujets qui préoccupent au plus haut point les citoyens ont-ils leurs émissions ? Quid de l’emploi et du travail, de la santé et de la protection sociale, du logement par exemple ? Ah, si, le dimanche, entre 13 :20 et 13 :30, le magazine Périphérie traite de banlieue et de ceux qui y vivent ! La voix est libre, mais l’élitisme la rend inaudible au plus grand nombre »
Un autre auditeur affirmait qu’un étudiant en sociologie qui aurait pour sujet « La petite bourgeoisie culturelle parisienne » pourrait faire toute son étude en écoutant seulement France Inter une journée à travers ceux qui parlent et ce dont ils parlent, c’est à dire leur univers culturel, leurs codes, leur monde social. Une sorte de confiscation. A l’image de Paris, on peut parler de la « gentrification » de cette radio, alors même que le cahier des charges de Radio France (art. 5-1) stipule que « La société veille à ce que les programmes donnent une image la plus réaliste possible de la société française dans toute sa diversité. Elle accorde également une attention particulière au traitement à l’antenne des différentes composantes de la population »
On en est loin et on s’en éloigne. Les ouvriers qui sont 10% de la population sont invisibles à la télévision (de 0 à 3%). En revanche les professions libérales et intellectuelles supérieures qui constituent 7% de la population, sont représentées de 62 à 80%. (INSEE 2012)
Et encore, si ouvriers et employés sont visibles c’est dans les émissions de jeux ou dans les émissions de télé réalités non pas sur ces hauts plateaux où l’on parle du vivre ensemble ou de gestation médicalement assistée.
De la même façon, France Inter construit une image fausse de la société par rapport aux structures sociales réelles. De même que la propagande soviétique éliminait grossièrement les indésirables de la photo officielle, on assiste ici à l’élimination des catégories disgracieuses : demandeurs d’emplois, retraités, femmes au foyer ou encore « jeunes des quartiers » Ce mépris profondément ressenti, se traduit par un rejet des médias et des journalistes dans les quartiers populaires. Pour plus de 65% des Français (surtout chez les jeunes) les journalistes sont incapables de résister aux pressions de l’argent, des partis politiques et du pouvoir (étude TNS Sofres La Croix, février 2014) Un rejet qui n’est pas sans lieu non plus avec le vote Front National.
Mais, bah, les auditeurs reviennent toujours !
Jusque là, c’est vrai. Malgré tout, les infidèles sont toujours revenus à la maison. A cet enviable phénomène on trouve des explications. La qualité, le talent, le génie du directeur, le lien passionnel des Français avec leur radio publique... Mais la première raison c’est qu’ « Il n’y a pas de publicité ». Or toutes les études montrent que les Français sont clairement publiphobes.
Mais pourquoi pas de publicité ? Parce que Radio France est financé par la redevance. Non pas par un quelconque impôt mais par une redevance clairement affectée à l’audiovisuel public et dont une partie est attribuée à Radio France. 650 millions d’Euros chaque année, 4 300 collaborateurs permanents, dont 700 journalistes, sept radios nationales. Premier groupe radiophonique français avec 13 millions d’auditeurs quotidiens et une bien belle voiture avec chauffeur pour le Président.
Le Président d’une bien belle société de service public.
Ressources humaines, ressources techniques et budgétaire, un exemple parfait si vous devez défendre le service public. De plus , ici on ne redoute pas les effets de la mondialisation, ni des des diktats de Bruxelles. Beaucoup d’atouts donc pour élaborer des politiques ambitieuses et créatives dans tous les domaines, le profit n’étant pas notre but.
Mais alors quel est votre but ?
Voilà une question bien embarrassante. Pour tout dire, là, tout de suite, comme ça, nous n’avons pas de réponse. Il y avait sans doute un but autrefois, mais il aura été perdu en chemin. Ce but ne peut se limiter à l’audience, à la seule quantité de paires d’oreilles récoltées, chacun en convient la main sur le cœur avec une moue de dégoût. Mais alors quoi d’autre ?
Tout est possible. Cette grande radio publique est un patrimoine et une chance encore préservée avec des ressources humains remarquables, des ressources techniques et budgétaires qui permettent projets et audaces. Les complotistes de la machine à café parlent plus bas. A chaque rentrée, chaque Président, ne manque pas de rappeler, (en citant Albert Camus, Spinoza, Platon et Jean-Marie Cavada ) que Radio France c’est la première offre radiophonique du pays et la première entreprise culturelle en Europe. Un frisson de fierté parcourt l’assistance. Oui, mais quel est le but ? Le Président, ( citant Montaigne, Roosevelt et Bernard Guetta ) rappelle alors les trois grandes missions du grand service public, « Informer, Eduquer, Distraire ».
Trois grandes étiquettes sur trois grandes valises.
Et qu’est-ce qu’il y a dans vos valises ?
Ah, le Président est déjà reparti. L’assistance s’achemine vers le buffet. Passant par là, l’enfant qui ailleurs, avait fait remarqué que le Roi était nu, découvre alors que les valises sont vides.

© Dessin Daniel Mermet
En décembre 2013, le cinquantième anniversaire de France Inter et de la maison de la Radio a fourni pour beaucoup une rare occasion de découvrir les archives de leur propre histoire.
Les experts de 1963 prévoyaient que la télévision allait réduire la radio à un simple fond sonore. Pourtant dans son allocution inaugurale le président de la République, Charles de Gaulle, voyait là, une grande cause :
« Comme ce qui est utile aux âmes ne l’est qu’en vertu d’une grande cause et comme nous avons choisi la nôtre, il faut que la radio française, tout en captant sans parti pris et en répandant sans exclusive les courants de l’événement, de l’art, de la science et de la politique, concoure à la liberté, à la dignité et à la solidarité des hommes » *
Au moins y avait-il du souffle dans les grandes valises.
Mais en vérité la radio publique était née vingt ans auparavant, fille de la Résistance et du Conseil National de la Résistance, il y a 70 ans cette année, très précisément, le 20 août 1944. Cette date est beaucoup moins évoquée c’est pourtant la source et le socle de cette histoire.
Il faut revenir à ces journées du mois d’août 1944 qui ont précédé la libération de Paris. Au bout de cinquante mois de honte, quartier par quartier, Paris se libère « par lui même ». Mais pas encore. Derrière les volets , les cris de joie attendent encore dans les poitrines. On tire, on tue, on fusille encore, on prend la pose aussi, on retourne sa veste, on meurt vraiment, on arrache les écriteaux en allemand, les drapeaux vont jaillir.
Ceux qui condamnent toujours toute forme de lutte armée dans le monde , oublient ce qu’ils doivent aux anonymes de cette guérilla populaire de Paris. Le gamin sur la barricade, la jeune femme à la mitraillette, les francs-tireurs dans la Citroën rue de Rivoli, le G.I. au sourire Hollywood et aussi la balle qui traverse le crâne du milicien fuyant par les toits, l’Allemand et sa dernière cigarette, le lynchage d’une blonde de bordel et les faux résistants de la 25 ème heure qui seront les plus zélés des épurateurs. Et qui s’en sortiront.
Comme la presse, la radio s’est vautrée pendant quatre ans dans la collaboration. A cette époque la radio est le média le plus puissant au monde. L’aile de la liberté et l’arme du crime. « Radio Paris ment, Radio Paris est allemand » la chansonnette du grand Pierre Dac se fredonne lèvres fermées dans le couloir du dernier métro.
Le 17 août 1944 , Radio Paris cesse d’émettre. Au 116 avenue de Champs Elysées, les collaborateurs quittent fiévreusement le navire en mettant le feu aux archives.
Au 37 de la rue de l’Université, ils sont quelques uns, qui attendent depuis longtemps cet instant là. Quelques jeunes résistants planqués dans un studio de radio. C’est le Studio d’Essai de la Radio Nationale de Vichy. Oui, de Vichy ! Tout en travaillant là, ils ont constitué clandestinement une groupe de résistance en 1943, à l’initiative de Jean Guignebert, le Comité de Libération de la radio, dont fait partie un certain Pierre Schaeffer, en liaison avec la résistance intérieure. Dans le ventre même de l’ennemi, ils résistent. Leur but est d’assurer la relève le moment venu.
Le 18 août, profitant de la débandade, ils ont pris possession des locaux et ils ont tout mis au point, micro, antenne, matériel. L’ennemi est encore là autour, dans la rue, sous les fenêtres, des tirs résonnent, des chars au loin, des sirènes.
Le 20 août sera le grand jour. Grâce à un émetteur clandestin mis en place par le réseau de résistance des PTT, ils vont diffuser pour la première fois. L’émotion est à son comble. A 22h30 voici la Marseillaise. La première à la radio depuis l’armistice de 1940. Quatre ans. Puis, pour la première fois, la voix d’un homme annonce : « ICI… LA RADIODIFFUSION DE LA NATION FRANCAISE ».
Ce sera ce soir là, la seule phrase prononcée sur cette Marseillaise.
Il est 22 heures 31, c’est l’heure exacte de la naissance de notre radio, le 20 aout 1944, un dimanche.
La voix c’est celle Pierre Crénesse, journaliste et reporter de radio. La Radiodiffusion de la Nation Française, la RNF, deviendra la RDF puis la RTF puis l’ ORTF, puis Radio France. Radio France est donc issue tout droit de la Résistance, voilà son ADN, voilà son souffle initial basé sur le programme du Conseil National de la Résistance qui imposait « La liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères »
De quelles influences étrangères parlent le CNR ? Celle de l’occupant nazi en déroute ? Celle de l’URSS ? Ou bien plutôt celle du sauveur américain ? Pour ce qui est de l’indépendance à l’égard de l’Etat, l’histoire montrera que le cordon ombilical n’a jamais été vraiment tranché ! En revanche, même si le pouvoir exécutif a toujours gardé le contrôle du budget, l’indépendance à l’égard des puissance d’argent a tenu jusque là. Et voilà pourquoi il n’y a pas de publicité, et voilà pourquoi les auditeurs reviennent toujours.

© D.M.
C’est la raison majeure mais pas la seule. Par la redevance, Radio France appartient à tous. C’est un bien commun. Alors que depuis trente ans, de la Poste à la Santé, de l’éducation aux transports, de l’eau aux banques populaires, tout est offert à la spéculation, Radio France devient le symbole sonore de l’attachement des Français au Bien Public, en écho surement à sa jeunesse résistante.
Mais sous le ciel plombé de la crise, certaines fines oreilles affirment entendre le sifflement de la faux de la mort des services publics qui s’approchent.
Radio France, menacé ? On ne sait pas. On ne sait pas grand chose de cette maison, ni de la radio en général. Quatorze millions d’auditeurs par jour, et aucune critique. Il y a des critiques à la radio mais aucune critique de la radio. Trop volatil ? Trop plébéien ? Historiens et chercheurs n’ont jamais accordé beaucoup d’intérêt à ce média pourtant mêlé à la vie de milliards d’hommes dans le monde. En France quelques universitaires tenaces, quelques valeureux ouvrages, des sites intéressants, mais bien peu devant l’énorme puissance de ce média dans la fabrique quotidienne de l’opinion, sur la sensibilité, sur le conformisme, sur le langage, sur l’imaginaire, sur ce prodigieux moyen d’éducation populaire pour lutter contre la fracture culturelle, pour favoriser l’émancipation collective et l’épanouissement individuel…
En interne, on est peu enclin à la contestation. Journalistes comme producteurs. Les uns parce qu’ils jouissent d’une situation convenable qu’ils ne trouvent aucun raison de compromettre, les autres parce qu’ils sont précaires et que la précarité conduit à la docilité. Les uns redoutent le placard, les autres c’est la rue. En attendant qu’il soit minuit dans le siècle chacun voit midi à sa porte.
De l’extérieur ? Guère plus. Un article ça et là, une brève promotion, et silence radio. Aucune enquête approfondie, aucune analyse des contenus, aucun projet, aucun débat de fond. L’Education nationale fait l’objet de débat et de réformes constantes. Rien de tel pour Radio France qui s’adresse pourtant à plus de dix millions d’auditeurs chaque jour et joue un rôle majeure sur la culture et l’éducation de tout un pays. Pourquoi ? Du côté des experts et des intellectuels professionnels chacun à une œuvre en cours, un film ou un livre en promotion et n’a pas trop envie de mordre la main d’une radio où la phrase la plus prononcée dans une journée est « Et je rappelle le titre de votre livre ».
Dans le tout premier reportage de la Radiodiffusion de la Nation Française, le 21 août 1944, en direct place de la République au milieu des tirs et des barricades. Il faut se mettre à l’abri pour faire entendre la voix de Georges Bidault parlant au nom du Conseil National de la Résistance, entrecoupé par des rafales toutes proches. D’emblée cette radio est dans la vie dans le battement de l’histoire, avant les discours et les commentaires, elle dit l’inouï, ce qui n’a pas encore été entendu.
Le lendemain, dans l’ivresse de la libération qui vient, le speaker se dit « dument mandaté par le secrétaire général de l’information pour requérir messieurs les curés de faire sonner immédiatement les cloches à toute volée pour annoncer l’entrée des alliés à Paris »
Et aussitôt en effet les cloches se mettent à sonner. Au loin d’abord puis plus proche puis dans tout le ciel de Paris.
Au micro, la voix inquiète et joyeuse ajoute :
« Il faut approcher le micro de la fenêtre ! »
Daniel Mermet (15 avril 2014)
Cet article a été publié dans LE MONDE DIPLOMATIQUE du mois de mai 2014.
Qu'ajoutez de plus sinon que LBSJS prend le maquis en allant sur internet. Espérons que nombreux seront ceux qui les suivront pour continuer à avoir quelque chose entre les oreilles !
Ne les laissez plus vous empêcher de réfléchir, car «Réfléchir, c'est commencer à désobéir.»
Manipulation et foutage de gueule sont les deux mamelles des médias.
Après le spectre de l’hyper inflation si on avait l’inconscience d’augmenter les salaires, voici venir le risque majeur de la déflation, mal terrible qui mettrait à bas la pauvre société française, incapable que sont ces incompétents du gouvernement de faire les « réformes structurelles indispensables » !!
- Déflation, quèsaco ? fait l’imbécile.
- Malheureux, répond le génial économiste, c’est quand les prix baissent, c’est une catastrophe.
- Quand les prix baissent ? Vous avez vu des prix baisser, vous ? Vous ne devez pas souvent faire vos courses !
- Les prix baissent, nos chiffrent sont formels. Le café, les vêtements, la nourriture, le pain …
- Le pain ?! Si vous connaissez une boulangerie qui a baissé ses prix, dites le moi, j’y cours ! Ce serait une première depuis quarante ans, se moqua l’imbécile.
- Mais vous ne vous rendez pas compte, répondit l’économiste outré. Si les prix baissent, les taux d’intérêts augmentent, les investissements baissent, ce qui entraîne une baisse des coûts de production et une diminution des salaires, des usines qui ferment et le chômage qui augmentent, d’où une baisse des prix et des gens qui n’achètent plus en attendant que les prix baissent encore ! C’est le cercle infernal ! D’ailleurs, si le PIB est à zéro, c’est à cause du secteur privé qui n’investit plus car il n’a pas confiance. Il faut que l’Etat s’engage à investir massivement dans l’économie pour la relancer.
- Mais, je croyais que vous les économistes du vrai libéralisme ultra vous vouliez le moins d’Etat possible, voir plus du tout car c’était justement du secteur privé que devait venir le salut ? Et puis si l’Etat investit, cela va entraîner une hausse de la dette, fit ingénument l’imbécile.
- Oui, mais là ce n’est pas pareil.
- Ah d’accord. Et concernant les taux d’intérêts qui augmentent, je croyais que le directeur de la BCE les avait baissés ?
- Oui, mais, non ! Ce n’est pas suffisant. S’il y a de la déflation, il y aura du chômage !
- Encore plus qu’aujourd’hui ? Les entreprises n’ont pas attendus pour baisser les salaires et licencier ?
- C’est pas pareil, c’était en prévision de la crise à venir, cette fois ci on est dedans.
- C’est plutôt vous qui nous mettez dedans, non ?
- Vous osez remettre en cause nos chiffres et notre expertise ?
- Déjà que je ne comprends rien !
- Ah : Vous voyez. Du coup, si les prix baissent, les gens vont attendre pour acheter que les prix baissent encore et c’est une catastrophe.
- Là je suis d’accord, je me vois tout à fait dire à ma femme, « non chérie, je ne vais pas faire les courses aujourd’hui, j’attends que les prix baissent encore ! »
- Je vois que vous commencez à comprendre.
- Mais il y a encore une chose avec laquelle j’ai du mal. Pour sauver votre économie, vous voulez baisser les pensions de retraites, les salaires des fonctionnaires, ça ne va pas faire de la déflation ?
- Mais non, c’est pour libérer l’économie ! Il faut tout privatiser, on vous le répète à longueur de journée, pour favoriser la concurrence et faire baisser les prix. C’est pour vous qu’on le fait.
- Faire baisser les prix, comme pour les téléphones portables et l’électricité ?.....
L’économiste en colère ne répondit pas à l’imbécile et s’en alla, ce qui mit fin prématurément à ce dialogue …..
Pour info :
Le Temps Genève
« Le 5 juin, la Banque centrale européenne (BCE) a sorti l’artillerie lourde. […] Elle a commencé par réduire son taux d’intérêt. C’était la mesure la plus attendue. De 0,25 %, il est passé pour la première fois à 0,15 %, son niveau le plus bas dans l’histoire de la monnaie unique. […] Elle est même allé plus loin en modifiant également le taux qui rémunère les placements des banques auprès de la banque centrale. Il a abaissé ce taux de dépôt à – 0,1 %, introduisant pour la première fois un taux négatif. L’idée ? Inciter les banques à utiliser leur argent au lieu de le confier à la BCE. Car le montant actuel de leurs dépôts est déjà supérieur au minimum requis par la réglementation. »
Oh ! Les méchants banquiers qui se faisaient du gras sur l'argent qu'on leur a donné ! C'est pas gentil !!
Les espagnols n'ont récupéré que 37 euros sur les 1300 par habitants qui ont été donné aux banques en 2009.(Source : Quotidien en ligne Publico)
Cherchez l'erreur ! Le chiffre n'est pas disponibe en France ....
Chiffres Insee cité par Le Monde
« Sur un an, l'indice des prix à la consommation a néanmoins augmenté de 0,5%, et de 0,4% hors tabac, a indiqué l'Insee, soit le plus bas niveau depuis novembre 2009. Il est resté le même qu'en juin, après avoir atteint 0,7% en avril et mai.
IMPACT DES SOLDES
Selon l'Insee, la baisse de l'inflation de juillet résulte, pour l'essentiel, des variations de prix saisonnières. Les prix des produits manufacturés se sont ainsi repliés de 2,9% sur le mois en raison des soldes d'été, ceux de l'habillement et des chaussures chutant de 13,4%. Les prix des produits alimentaires frais ont reculé de 3,6%, « en lien avec une offre abondante d'articles de saison ».
A l'inverse, les prix des services ont augmenté de 1,1% avec le début des vacances d'été, marqués notamment par une hausse de 2,3% des tarifs des hôtels, cafés et restaurants et un bond de 14% de ceux du transport aérien.
Les prix de l'énergie ont augmenté de 0,1% du fait d'une légère hausse des produits pétroliers (+ 0,2%) imputable aux prix des carburants (+ 0,3%), tandis que ceux du fioul domestique ont baissé de 0,4%. »
Lettres ouvertes … ou bleues :
- Aux obsédés de la privatisation
Droit dans le mur de la désinformation.
Oui, c'était la volonté d'un avenir radieux ! (pas de mauvais jeu de mots, cette fois-ci !!)
Une époque où syndicats, partis politiques, résistants s'étaient mis d'accord sur la vision de la société au sortir d'un massacre qui avaient fait plus de 50 millions de morts.
C'était le temps du programme du Conseil National de la Résistance où l'on créait la sécurité sociale, la retraite par répartition, la mise au pas des puissances d'argent et la liberté de la presse ! (voir aussi article CA VA MIEUX EN LE DISANT !! )
Des temps révolus donc, qu'il faut absolument détruire pour retrouver les vraies valeurs d'avant guerre, celles qui ont permis à deux moustachus hystériques et paranoïaques, les deux plus grands "mass murder" du XXe siècle d'accéder au pouvoir et du moins pour l'un, de faire des affaires avec les grandes entreprises puis pour ses "disciples" de travailler pour les services secrets américain.
Pour les plus au fait de la chose, je dirais juste : Bull, Ford et Gladio !! (Mais j'en oublie ! je pourrais aussi parler de l'Oréal ... Hum !!...)
Or donc, pour essayer de ne pas oublier et pour fair mentir notre moustachu français de l'époque avec son bâton de merde, pardon, de maréchal et qui disait que les français avaient la mémoire courte, je vous conseille vivement d'aller voir (en emmenant parents, grands-parents, enfants et petits enfants) le film de Gilles Perret : "Les jours heureux" qui retrace le difficile chemin qui a mené à la rédaction du programme du C.N.R.
Vous y verrez aussi le fonds de la pensée de nos hommes politiques d'aujourd'hui qui aiment tant citer les heures glorieuses de la résistance française mais qui ne veulent pas entendre parler de son programme "gauchiste", car ils sont totalement imbibés de la pensée néo-libérale.
Paradoxalement, le seul à connaître et défendre ce programme est Nicolas Dupont-Aignan ! Bon, pour le reste il serait plutôt de droite extrême ...(sans pour autant être d'extrême droite !)
Mais Daniel Cordier, secrétaire particulier de Jean Moulin, était bien Maurassien et militant de l'Action Française avant la défaite et l'occupation !
Méfions-nous quand même des nationaux aux programmes socialistes .......
Si je vous dit que pour le moment, aucune chaîne nationale n'a voulu diffuser ce film, je suis sûr que vous me croirez !! France 3 Rhônes-Alpes devrait le faire et, peut-être, France 3 nationale vers une heure du matin.....
Réfléchir, c'est commencer à désobéir !
N'oublie jamais cela, ami lecteur !
Pour allez plus loin :
- Ce qu'ils veulent vraiment ! 26 août 2012
- Site du Film ; Les Jours heureux (Quand l'utopie des résistants devint réalité)
Pour les adeptes de la stratégie du choc, la guerre, c’est le pied !
Quoi de mieux pour terroriser un peuple que la guerre. La guerre réelle ou la guerre probable !!
Depuis le 11 septembre, les sociétés qui s’occupent de sécurité se sont multipliés et leur chiffre d’affaire a centuplé. Israël est aujourd’hui le leader mondial en matière de sécurité. La guerre contre le terrorisme est une aubaine … pourvu qu’elle ne cesse jamais ! Quitte à laisser de temps à autres quelques terroristes poser leurs bombes comme une piqure de rappel pour un peuple naïf qui imagine que l’on puisse vivre en bonne intelligence avec la majorité des gens.
Du coup, il est beaucoup plus facile de dépenser de l’argent pour des caméras de surveillance plutôt que pour l’éducation ou la santé …. CQFD !!
L’Amérique de Bush après l’Angleterre du tas de chair (souvenez-vous des Malouines) en sont les exemples les plus flagrants. Tout le premier mandat du junior W. consista à vendre à prix défiant toute concurrence les fonctions régaliennes de l’Etat à ses amis. L’armée américaine en est devenu le symbole avec la première guerre privatisée de l’Histoire moderne : La guerre d’Irak ! Les Etats Unis ne fournissant plus que les soldats (et encore vu le nombre de mercenaires sur le sol iraquien). Armement, intendance, équipement, base clés en main, tout appartient à des sociétés privées.
Halliburton et Cie construisent, équipent et gèrent les bases militaires et fournissent divertissement (filles ?!) nourriture, blanchissage aux soldats US. De vraies villégiatures, payées, comme vous l’avez devinez, par les contribuables américains. Car quand on vide l’Etat de sa substance (base de l’idéologie ultra-libérale) et que des sociétés privées se substituent à ses fonctions, elles ne le font pas pour l’intérêt général. Elles veulent que cela leur rapporte !
Petit rappel : les frais de fonctionnement de la sécurité sociale avec toutes ses feignasses de fonctionnaires ne représentent que 5% de son budget global. Une société privée (une complémentaire santé) tourne avec un budget de fonctionnement de 20% de son budget. La société privé a besoin de publicité pour se faire connaître (pas un service d’Etat) de juristes pour faire face aux contentieux et de générer du profit !
Les partenariats public-privé (les P.P.P. en jargon technocratique) en sont l’exemple type. Comment construire un hôpital, une prison ou le formidable Pentagone à la française quand l’Etat n’a plus une thune et qu’il ne faut surtout pas s’endetter plus de peur de voir les agences baisser sa note ou le FMI piquer une grosse colère ?
Simple : confier la construction et la gestion à des entreprises privées qui prendront en charge les frais de construction mais qui en échange feront payer un loyer assez choucard à l’Etat pendant une période de 25 ou 30 ans. Résultat des courses, un coût total pour l’Etat et donc pour nous pauvres contribuables, 5 à 10 fois supérieur au montant que l’Etat aurait pu emprunter pour construire lui-même le bâtiment.
Ah ! J’oubliais, pour un PPP, pas besoin de faire d’appel d’offre ! Elle est pas belle la vie ! C’est parrain Bouygues et copain Lagardère qui sont content !! Nous on pleure !
Or donc, le gouvernement américain a confié à des sociétés privées la guerre et la reconstruction de l’Irak avec à la clé des contrats représentants plusieurs milliards de dollars. A certaines entreprises privées. Mais cette reconstruction, les iraquiens l’attendent toujours, car les dites sociétés privées commencent par entourber le pognon (d’où les centaines de millions de dollars, « mystérieusement » disparus !). Ensuite ils font venir à grand frais des ouvriers non iraquiens pour faire le boulot. Et les iraquiens regardent la reconstruction de leur propre pays sans pouvoir y participer. Ces citoyens, privés de travail et de revenus ne forment-ils pas alors des recrues de choix pour les extrémistes assassins qui souhaitent le départ de ces envahisseurs accapareurs ?
L’exemple que donne Naomi Klein dans son ouvrage, cité par un membre de Sénat US qui a enquêté sur le phénomène est le cas d’un marché de ventilateurs à destination de l’Irak ou de l’Afghanistan. Le gouvernement US passe un contrat de plusieurs centaines de millions de dollars avec une société privée qui va s’empresser de sous-traiter le marché. Et oui, cela ne s’arrête pas là !! Le sous-traitant va prendre un sous-traitant qui lui-même va prendre un sous-traitant ….. etc … etc … En tout 10 ou 15 sous-traitants vont se goinfrer et au final, un seul ventilateur sera installé !!!!!
Non, non ! Ce n’est pas le premier avril, je vous promets que c’est vrai !!
N’est-il pas formidable le dogme friedmanien ?? Alors bien sûr, les Chicago boys vous diront que c’est une exception et que ce genre d’attitude (oh combien répréhensible !) corrompt son merveilleux système.
Le problème, c’est que comme le marxisme induit la dictature, le friedmanisme qui prône l’absence totale de règle, induit toujours plus de profit pour un tout petit nombre au détriment du bien commun.
L’Homme est ainsi fait !
Si coup d’Etat militaire, le massacre de civils et le choc de la dictature sont une bonne thérapie, les éléments naturels peuvent parfois donner un coup de pouce aux tenants du capitalisme du désastre.
Le tsunami en Asie a rasé des plages entières et détruit des villages de pêcheurs plusieurs fois centenaires. Quelle aubaine !
Plutôt que de permettre à ces pêcheurs de revenir sur la terre de leurs ancêtres et de leur redonner un outil de travail pour leur permettre de se nourrir et de vivre décemment, assignons les dans des camps, poussons-les vers les villes où ils subsisterons peut-être, de l’aide internationale (dans qu’elle y pense) fabriquons des chômeurs exposés à toutes les violences et construisons de beaux hôtels pour touristes pleins aux as qui développeront l’économie de ce pays bien mieux que des paysans ou des pêcheurs qui ne font que nourrir leurs concitoyens.
C’est à cela qu’ont servi vos généreux dons réclamés à cor et à cris par toutes les ONG bien pensantes ! En plus de leurs frais de fonctionnement habituels !
Pourtant, vous savez quoi ? Certains inconscients ont résisté en réoccupant leurs propres terres au mépris de la dictature économique. Et le pire, c’est qu’ils ont fini par y arriver !
Les autres, pour qui le choc a été trop violent et qui n’ont pas eu le temps de se ressaisir se sont fait avoir et grossissent aujourd’hui les bidonvilles crasseux des grandes mégalopoles …….