DROIT DANS LE MUR (IA FREE) - Contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre (Pierre Dac)
economie
1 juillet 2015

ENCORE DU RECHAUFFE !!

Cher(e)s lecteur(trice)s assidu(e)s de ce blog, pour ne pas vous abandonner pendant ces deux mois d’été, je vous ai concocté une série d’articles tout frais, tout chaud, que je vous distillerai comme d’habitudes tous les dimanches, pour que vous ne vous sentiez pas seul(e)s !!

Comme cela, même en cas de grexit, de Big One ou de Krach boursier, vous pourrez continuer à venir me lire pour vous détendre les zygomatiques ! Je ne vous en remercierais d’ailleurs jamais assez !Non point que je m'octroie 2 mois de vacances, mais cela va me permettre de m'éloigner un peu du blog pour terminer quelques nouvelles en cours et autres textes en formation !

Bonne vacances à toutes et à tous et profitez en bien !

 

P.S. :

Vous remarquerez que chez tonton Fix, ce n’est pas comme à la télé ! Il n’y a pas de rediffusion pendant l’été !!!

 

 

Ce qui ne vous empêche pas de lire ou relire certains articles toujours d'actualité comme celui sur la canicule d'août 2012, ou celui sur l'aérotrain US qui vient de ressortir tel Nessie de son loch !

Et vous noterez aussi que les articles de ce blog restent toujours d'actualité !!

 

 

MG4

''Quitte à aller droit dans le mur,

autant le faire dans une belle voiture !!''

 

MG3

28 juin 2015

MAIS ALLÔ, QUOI !!!

Allo, la NSA, ma machine à laver ‘’Ben’’ Laden est en panne, vous pouvez faire quelque chose pour moi !!

Ouarf, ouarf !!

 

« Non, mais vous vous rendez compte ma bonne dame, les américains qui espionnaient nos présidents, ah là là, ce n’est pas bien ….. »

Quand les gens auront fini par comprendre que les ricains sont des emmanchés paranoïaques doublés d’imbéciles à la mémoire courte, peut-être finiront-ils par avoir la bonne attitude vis-à-vis d’eux ! Comme disait je ne sais plus trop qui, s’ils sont capables du meilleur comme du pire, c’est quand même dans le pire qu’ils sont les meilleurs !

Non, mais c’est vrai ! Pas besoin de mettre sur écoute l’idiot en colère pour conclure à son un ego surdimensionné ! Il suffisait de lire la presse française ou même le blog de votre serviteur !

Et puis si la NSA voulait vraiment savoir tout ce qu’il disait, ils auraient pu demander au Buisson ardent défenseur de la minute borgne, grâce à ses cassettes analogiques derniers cris ! Mais pour cela, point de technologie mais de l’humain qui trahi et du coup, qu’on peut retourner ! Pas de trahison de la part de l’informatique, à part un bug Windows !

Mais j’y pense, peut-être que le juge en charge de l’affaire Betancourt devrait faire une demande auprès des autorités américaines pour obtenir les enregistrements de conversations du père Bismuth ! Ils doivent savoir, eux, combien a donné mémé gâteau ! Pareil pour le financement de ‘’feu’’ Kadhafi  à ‘’le louper pas’’ Pépito !!

Non, la coordination des moyens dans la lutte contre le crime laisse vraiment à désirer !

Heureusement que le gouvernement français de ‘’gôche’’ va laisser tous les instruments de surveillance et de contrôle digne du meilleur Etat totalitaire à la Marine nationale et toujours plus socialiste qui ne s’attendait pas à tant de mansuétude de la part de ces crypto communistes tant haïs.

 

Et voyez comme cela me permet de faire une transition à peine téléphonée !!

 

Si le parrain du Prince Jean n’a pas voulu vendre son réseau pour 10 milliards d’euros à l’évadé fiscal suisse, est-ce seulement pour protéger ses salariés ? Aurait-il trouvé la fibre sociale dans ses tuyaux de communications ? Ou bien a-t-il besoin d’un d’un accès supplémentaire en plus des médias traditionnels pour promouvoir la candidature du père de son filleul ?

A moins que ce ne soit simplement pour faire chiez Orange et Free qui se voyaient déjà dépecer le groupe en ricanant, eux les ennemis d’hier, devenus complices pour se partager le butin.

Chose étonnante, tous les économistes voyaient d’un très bon œil ce rachat de Bouygues par SFR-Numéricable. Plus que 3 concurrents au lieu de 4, cela allait stabiliser le marché et augmenter les marges. « De toute façon Bouygues n’est plus viable !! » Bien sûr, nous allions nous faire sodomiser avec quelques douleurs dans le fondement et dans le porte-monnaie, mais ça, on a l’habitude.

Et si vous avez été un peu attentif à ce qui s’est dit, pas un seul mot sur la libre concurrence qui  permet le juste prix et de faire profiter le consommateur, mais la sainte constitution monopolistique tant faussement honni par les friedmanniens mais tant rêver par les grands patrons qui veulent s’en mettre plein les poches sur notre dos, le plus rapidement possible !! L’équilibre du marché, ça va bien 5 minutes !

Ce qui est plus à craindre, c’est la montée en puissance de l’exilé fiscal suisse qui n’arrête pas d’acheter à tout va, avec le soutien des banques qui sont derrière lui en ce moment pour lui prêter jusqu’à 50 milliards, sans broncher, alors que vous peiner pour obtenir 10.000 euros pour acheter une voiture pour trouver du boulot !

Selon la fameuse théorie ‘’Econo-Nique’’ : « Too big to fail » Trop gros pour échouer, en français dans le texte, plus SFR-numéricable sera gros, plus nos impôts iront à sa rescousse s’il se casse la gueule ! D’où cette boulimie actuelle de rachat à tout va !

Les achats précédents permettant les achats suivants en vidant les caisses et en pratiquant l’optimisation sociale (Les charrettes) et le ‘’Cost killing » » (dans le cas présent en ne payant plus les fournisseurs !)

Que l’on apprenne bientôt que Drahi ça rime avec Tapie et Numéricable avec Enron ou Vivendi, cela ne me surprendrait pas plus que cela. Pas de politique économique, juste une course sans fin vers le profit immédiat en bouchant les déficits ici par les maigres profits, non ponctionnés, là, avant de vendre quelques branches mortes pour une poignée de roubles dévalués et que tout se casse la gueule comme un immense château de cartes en laissant les ahuris sur le carreaux et les économistes, prenant leur mine hiératique dirent alors, que la prochaine fois, promis, ils ne se feront pas avoir par des mirages et que définitivement, les géants ont des pieds d’argiles et quand ça se casse la figure c’est une catastrophe pour la vraie économie ! Poil au petit oiseau !

 

Droit dans le mur !! Que dire de plus !

steampunk-r2d2

"Conception d'un drône américain pour passer inaperçu dans la vieille Europe"

Crédit photo : Niveau Zéro

14 juin 2015

FALCON, COMME LA LUNE !!!

J’ai hésité pour le titre de cet article. Entre « Falcon comme la lune » et « espèce de Falcon » ! Finalement, j’ai opté pour le premier qui me semblait plus approprié, surtout après les explications à la mord-moi-le-nœud (Aie ! Pas les dents !!) de sa suffisance Valsouille d’y Bourbonne y Navarre !

Que le premier ministre aime le foot, soit ! J’eusse préféré qu’il aimât le rugby, mais le monde est ainsi fait. Qu’il supporte une autre équipe que celle de la France. Admettons. D’aucuns soutiennent le Portugal ou e l’Algérie quand la France reste dans le bus. Mais qu’il utilise un avion payé par nos impôts pour aller s’amuser, c’est dur pour le chômeur en fin de droits. Et qu’en plus il emmène sa progéniture avec lui, là, c’est carrément insupportable.

Alors, bien sûr, certains diront qu’à ce niveau de responsabilité et dans l’époque où nous vivons, il serait dangereux pour lui de prendre les transports en commun aériens. Si je pense aux personnels responsables de sa sécurité, je comprends. Mais en tant que contribuable, je hoquète doucement ! Flanby au moins, il prenait un scooter pour aller tirer son coup !

Et après avoir menti sur son escapade footballistique, il finit par admettre qu’il a eu tort et s’engage à payer la surtaxe du poids de ses mômes. C’est carrément risible !

Il aurait payé le kérosène avant de partir (c’était facile !) sans rien dire à personne et en laissant adroitement fuiter l’info après, il en serait sorti grandi.

Mais non ! Comme disait mon père et mon grand-père avant lui : « Quand on travaille dans le beurre, on a les mains grasses ! »

C’est bien tout le problème aujourd’hui. Et après, ils s’étonnent que les gens votent sans complexe pour la Marine Nationale et toujours plus socialiste !

 

Dans un précédent article, je vous parlais des notes de frais de taxis de la directrice de l’INA. C’est une histoire qui sent le règlement de compte à plein nez. Pourquoi me demanderez-vous, lecteur(trice)s assidu(e)s que vous êtes ? Serai-je parano ? Non point ! Ou un chouille alors !

Non, pour la simple et bonne raison qu’ils le font tous et toutes ! C’est cela aussi, la parité !!

Il faut que vous sachiez (proprement) que tous les dirigeants d’établissements publics bénéficient des transports gratuits. Métro, train, taxi, avion, quand ils ou elles ne bénéficient pas en plus d’une voiture de fonction, avec chauffeur, bien entendu. Le tout cumulable comme de vulgaires mandats électoraux !

Dans ces conditions, pourquoi une directrice d’établissement public qui n’aurait qu’un pont à traverser entre son domicile et son bureau se fatiguerait à s’y rendre à pieds quand elle peut prendre un taxi ? Pourquoi ne profiterait-elle pas dudit taxi pour aller au théâtre le dimanche et, soyons fou, le faire attendre pendant la représentation qu’elle quittera peut-être avant la fin si elle s’emmerde. Le compteur tourne lui aussi sur note de frais !

C’est une pratique tellement courante que personnes ne s’en émeut, comme dit la vache en voyant un train de sénateurs. Mais vous ne pouvez pas comprendre, pauvres pue-la-sueur que vous êtes. Vous n’imaginez même pas combien ils en ont chié pour en arriver à ces postes. C’est normal de profiter de certains avantages, non ?

Voilà pourquoi, je me permets d’affirmer que les sanctions contre l’ancienne directrice de l’INA, certes justifiées, sont un règlement de compte, une exécution en bonne et due forme.

Vous imaginez les économies pour le budget si on leur supprimait ces privilèges ? Centaines de milliers ? Millions d’euros ? En tout cas sûrement plus qu’en déremboursant les médicaments. Quel gouvernement aurait le courage de le faire en permettant, en plus, de faire diminuer l’électorat de la fille du borgne !

Mais il ne faut pas rêver ! En même temps que la polémique sur le Vallseur qui ressemble de plus en plus à l’idiot en colère, nous apprenions avec la réforme de l’école Polytechnique que l’entubage commençait de bonne heure.

Le principe fondateur de cette école créée après la Révolution est simple. L’Etat paye les études des futurs ingénieurs pour avoir les meilleurs. En contrepartie, l’étudiant s’engage à travailler un certain nombre d’année pour l’Etat. S’il ne le fait pas et part dans le privé, l’étudiant s’engage à rembourser les frais de ces études. Simple. Trop simple !

En ces périodes obscures d’individualismes où le profit immédiat règne en maître et même en « kilomaître », non seulement les jeunes diplômés (les X et ce n’est pas porno !!) vont directement dans le privé pour se faire un max de thune, mais en plus, ils ne remboursent pas un kopeck à l’Etat qui leur a fourni une formation de merde, complètement déconnectée de la réalité et qui leur sert pourtant dans les entreprises privées friedmannienne de merde, complètement déconnectées de la réalité !

A votre avis, si ces profiteurs remboursaient leur dû, en combien de temps atteindrions-nous les 3% de déficit ?

C’est une juste une question à lagon, comme on dit dans le pacifique !

 

Et vous vous demandez encore pourquoi les gens votent par la poupée « Klaus » Barbie du FN ?

Rassurez-vous, cher(e)s lecteur(trice)s, ce n’est pas à vous que je pose la question, mais à ces trous du cul !

 

Tiens, à propos de trous du cul, vous savez ce qu’a répondu Clémenceau à des journalistes qui lui demandaient quelle avait été sa plus belle opération chirurgicale ?

Il faut vous dire que le Tigre fut médecin avant d’être 1er ministre et faisait partie de l’Académie de médecine.

Il a dit : « J’ai pris vingt trous du cul et j’en ai fait un ministère »

 

Ite missa est !

lUNE-BLOG-2

"Vous avez dit con comment ?!.."

7 juin 2015

NO COMMENT !!

Avec un peu de retard, mais vous ne m'en voudrez pas !

Lettre d'une infirmière en lutte à Martin Hirsch - Là-bas si j'y suis

Sans commentaire, non ?!

A diffuser sans modération.

31 mai 2015

A Y EST J’SUIS TORCHE !!

Ou plutôt soûlé d’entendre autant de conneries à longueur de journée ! La tête me tourne et j’ai envie de gerber. C’est bien le signe d’une cuite carabiné, non ?

Ça a d’abord commencé avec le chroniqueur de l’économie ultra libéralisée et complètement décomplexée de France Inter, jeudi matin à 7h15 qui s’étonnait qu’aucun « économiste » ne soit au Panthéon ! J’en ai failli avaler mon café matinal de travers. Heureusement que je bois du thé !

Du coup, il estimait qu’il était nécessaire de « panthéoniser » ces maîtres à décérébrer, voir, pourquoi pas après tout, des chefs d’entreprises comme des constructeurs automobiles ou des fondateurs de banques.

C’est vrai ça, des patrons collabos et des banques nationalisées en 1945 pour collaboration économique, ça jetterait à côté de Jean Moulin et de Jean Zay !

Faudrait-il lui rappeler le rôle joué par les « acteurs économiques » dans l’accession au pouvoir du petit moustachu excité et de la seconde guerre mondiale ? Et je ne vous parlerais pas de Bayer et d’IBM pour éviter les polémiques (Victor !)

Vous comprenez pourquoi j’étais bien chaud, déjà !

 

Mais là-dessus, et par un hasard qui n’en fut pas un, la preuve, je regardais C dans l’air qui parlait de « Podemos » en Espagne. A un moment, le ci-devant Calvi (ex Calvitie devant), s’interroge d’un air affolé sur le programme « gauchiste » de ce mouvement qui promet de « donner de l’argent aux pauvres » (cherchez le gros mot !!) ce qui entraînera donc une augmentation des déficits !! Texto !

Horreur et boules de bittes ! Heureusement un de ses invités le rassure en lui expliqua que cela n’arrivera pas, même Syriza en Grèce est obligé de revenir sur ses promesses de campagnes. Ouf !!

Vous n’imaginez même pas à quel point l’animateur fut soulagé de cette réponse !

Sans aucune espèce de réflexion sur le fait que les peuples n’ont effectivement plus aucun pouvoir, celui-ci étant aux mains des financiers et des agences de notations !!

Pensée unique, quand tu nous tiens …

 

Ceci étant d’autant plus drôle que dans Courrier International 1282 du 28 mai, on pouvait lire :

« 15 dollars de l’heure : c’est le nouveau salaire horaire minimal de la ville de Los Angeles. Il passera de 9 à 15 dollars progressivement de juillet 2016 à 2020. “La capitale californienne devient ainsi la plus grande ville américaine à avoir atteint en l’espace de quelques années un objectif qui paraissait au départ trop ambitieux”, écrit le Washington Post. Les villes de Washington et New York envisagent également de rehausser le salaire horaire minimal. Il est actuellement de 8,75 dollars de l’heure dans la Grosse Pomme. »

Près de 70% d’augmentation du salaire minimum. Un rêve de bolchévique, devenu réalité dans le pays du capitalisme sauvage ! D’autant que Wal-Mart, la chaîne de magasin américain qui a passé des années à empêcher la constitution de syndicats et exploité ses employés, s’est, lui aussi, engager sur la voie de la revalorisation de ses salaires horaires.

En même temps, vu que l’économie mise tous ces pions sur la consommation, il arrive un moment où il faut bien redonner de l’argent aux gens pour qu’ils achètent des produits si l’on veut éviter que le modèle ne finisse par s’écrouler !

Certains en France et en Europe devraient y réfléchir, s’ils y arrivent encore !

Cf article Libérons le pouvoir d’achat - 24 aout 2014

 

Enfin, je vous ai gardé le meilleur pour la fin.

Ce graphique montre le gâchis du torchage, 

C’est une pratique qui consiste à brûler les rejets de gaz des exploitations pétrolières ou gazières : 140 milliards de mètres cubes sont brûlés chaque année, soit 20 % de la consommation des Etats-Unis  et un tiers de la consommation de l’Union européenne. Ah ! Quand même !

Et que disent les écolos là-dessus ? …. Rien ? Ah si, il faut supprimer les sales bagnoles qui polluent ! Cf Ce n'est pas moi qui le dit - 18 sept 2011

Torchères

Source : Courrier international n°1281 du 21 mai 2015

 

Ça se passe de commentaire, non ?

Quand je vous disais que j’étais torché !

15 mars 2015

RENTABILITE ECONOMIQUE VS RENTABILITE HUMAINE !!

Tout devrait être dit

Que voulons-nous ? Une rentabilité économique ou une rentabilité humaine ? Aujourd’hui, ce n’est pas un choix puisque l’on impose l’une par rapport à l’autre.

Je m‘explique.

Prenons le sommeil. Certains vous expliqueront avec force conviction que le sommeil est une perte de temps et que dormir c’est bon pour les feignants. Eux, les vrais « hommes », ne dorment que quelques heures et cela suffit largement. Alors, c’est vrai, chacun a un rythme différent et nous ne sommes pas égaux devant le sommeil. Et oui, pendant le sommeil, l’homme est improductif et ne rapporte pas d’argent.

Oui, mais !

Le sommeil est essentiel, vital pour vivre (tautologie !) et le manque de sommeil induit, une fatigue excessive qui jamais ne se rattrape, un fort stress qui peut générer cancer, maladie cardio-vasculaire, dépression jusqu’au suicide. Et si l’on pousse le processus comme l’on fait américains et soviétiques en empêchant les gens de dormir ; lavage de cerveau et servilité.

En clair, si on dort normalement et selon son horloge biologique, on vit plus longtemps. Donc si l’on rapporte la productivité sur une vie entière, le sommeil n’est pas un handicap. Sauf si l’on a comme postulat la rentabilité immédiate et à court terme.

Louis Renault, au début du siècle précédent, s’était rendu compte que ses ouvriers étaient beaucoup plus productifs quand ils revenaient de repos alors que sans, ils commettaient des erreurs, il y avait des accidents et que le coût des pièces à refaire grevait les bénéfices. C’est Marcel Dassault (Le père de Serge, qui sucre les fraises et les électeurs de sa commune. Le père était ingénieur, pas le fils !!) C’est Marcel Dassault, donc, qui a donné 15 jours de congés payés à ses salariés bien avant 1936 car ceux si préféraient cela à une participation aux bénéfices de l’entreprise, proposé par M. Dassault pour les remercier des très bons résultats.

Prenons un autre exemple. La santé ou plus précisément le système de santé dont on bénéficie dans nos pays. Par principe, soigner les gens pour éviter qu’ils ne meurent n’est pas une idée rentable. Juste de bon sens. Mais depuis le livre blanc de Michel Rocard en 1991 (vous voyez, cela ne date pas d’hier !) les énarques et les financiers ont voulu rendre la santé rentable. Cela s’appelle « La gestion Comptable des Dépenses » Ah ! Le joli mot.

Le principe est plus simple à comprendre. Quand on soigne les gens, on dépense de l’argent et les sommes versées par les patients ou l’Etat, ne suffit pas à rembourser les sommes dépensées. Donc, il faut à tout prix que les dépenses soient à hauteur des remboursements ou inversement. CQFD !

Le problème, c’est que les financiers, obnubilés par leurs colonnes de chiffres ont oublié qu’un patient bien soigné revient dans le système de production pour produire et consommer. Mais cela, on ne le calcule pas. Ce ne sont pas les mêmes colonnes.

Dans le même ordre d’idée, on a coutume d’entendre qu’un salarié coûte cher, en salaire et en charges sociales, sans s’occuper de ce qu’il rapporte en terme de productivité. Pas la même colonne !!

En cas de nouvelle guerre, si ce sont les financiers qui dirigent, on la perdra de nouveau très rapidement. Si on ne soigne pas les blessés, à perte, pour retourner au combat, on se retrouvera rapidement à cours de soldat !! CQFD !!

Dans la propagande maintes fois rabâchée depuis plusieurs années, on insiste sur le fait qu’il faut « diminuer les dépenses publiques qui grèvent le budget de l’Etat et l’empêche d’être compétitif ». En dehors du fait que ce sabir ne veut pas dire grand-chose, sinon entourber les esprits simples qui finissent même par répéter ce qu’ils ne comprennent pas mais qu’ils considèrent comme une vérité quasi divine, déversée par les Oracles du 20 heures, la réalité est un tout petit plus nuancée.

Et de sortir une formule basique et si simpliste que l’on est bête de ne pas y avoir pensé plus tôt : « On ne peut pas dépenser plus que ce que l’on a » !

Mais Bon dieu, mais c’est bien dur, comme dit l’urologue de Dominique Strauss-Kahn.

Si je n’ai que cent euros dans mon porte-monnaie, je ne peux pas en dépenser cent dix ! Si c’est vrai pour la ménagère de moins de cinquante ans, c’est forcément vrai pour un Etat. CQFD !

En dehors du fait que la ménagère de moins de cinquante ans et le terroriste islamiste de moins de trente-trois ans ont aujourd’hui à leur disposition Cofinoga et Cetelem, 5e chevalier de l’Apocalypse après la Mort, la Famine, la guerre et la maladie.

Car à votre avis, comment cela se fait-il qu’on prête à la France à un taux négatif ? Vous avez déjà vu un banquier vous prêter de l’argent à perte ? Moi Jamais ! Et pourtant, c’est ce qui arrive à la France depuis plusieurs mois déjà. Quand on prête à la France 100 euros, elle ne rembourse pas 115 ou 120 euros comme les grecs, mais 95 euros !

Elle n’est pas belle la vie ? Et en plus on a perdu notre triple A !

Et pourquoi donc, me demanderez-vous ? Eh bien parce les prêteurs considèrent que la France, vue son patrimoine, ses entreprises, ses résultats, sa productivité ne pourra pas ne pas rembourser et que même en perdant un peu, ils gagnent beaucoup et à coup sûr par rapport à d’autres investissements plus risqués !

Et la Banque Mondiale et le FMI qui commencent à dire à demi-mot couvert par la discrétion journalistique (vous savez, les 30% !!) que le déficit, bah, en fait, c’est pas si grave que ça !!

Ah, bon ! Et pourquoi diantre, demande-je ébaubi ?

Et bien parce que cela rapporte. Prenons une profession de santé. Une infirmière ou un kiné. Il ne produit pas d’argent à proprement parlé puisqu’il ne vend rien. Mais il paye des impôts et des taxes comme n’importe quel citoyen. Il dépense son argent durement gagné en biens de consommation. Il a besoin de matériel pour exercer son métier, matériel parfois fabriqué en France, souvent plus, mais qui est vendu par des entreprises qui font vivre des salariés et qui payent des impôts et des taxes. Les patients soignés et remis en état, vont reprendre une activité qu’ils pourront exercer au mieux de leur capacité puisqu’exempt de douleur fatigante et usante qui les minaient jusque-là réduisant d’autant leur productivité……

La boucle est ainsi bouclée !

Reprenons ; à l’image de notre dormeur qui va vivre plus longtemps, l’économie, c’est un système global et ce qui coûte ici, rapporte là !

Même si ce que cela rapporte est difficilement quantifiable et ne fait pas partie de la même colonne !

Enfer et boules de bittes, comme disait Pierrot.

Pensez-y la prochaine fois que l’on vous dira qu’il faut réduire les dépenses publiques et supprimer tous ces feignants de fonctionnaires et tous ces privilégiés qui abusent du système ! CQFD Ou « C’est Qui qui l’a dans le Fion Dorénavant ! » ou plus gentiment « Ce Qu’il Fallait Dénoncer ! »

 

A bonne en tender, phallus !

Ciel

"Reflets de table" - Crédit Fix (dorénavant, les photso seront de moi, et toc !!)

28 janvier 2015

SALAUDS DE GRECS !!!

Conversation retranscrite d’après un enregistrement (presque) imaginaire réalisé lundi matin dans une banque d’affaires. Les termes employés n’engagent que ceux qui les ont utilisés et ne relèvent pas de la responsabilité de l'auteur de ce blog.

 

- Ah les salauds ! Non, mais tu as vu ça ? Ces connards ont voté pour l’extrême gauche. Mais où va-t-on, je te le demande ? En plus des mesures économiques on aurait dû leur supprimer le droit de vote à ces trous duc ! C’est toujours pareil, tu leur donnes ça et ils en veulent toujours plus. Jamais content. Appelle-moi Papandréou, qu’on règle ça.

- Mais il n’est plus Premier Ministre !

- Quoi ?! Mais ça fait 90 ans qu’on traite avec eux ! Ils ne nous ont jamais rien refusé.

- Le Pasoc a fait 4% aux élections. Papandréou, c’est fini.

- Et c’est le bolchévique qui va diriger le pays ?

- Il a 148 sièges, quasiment la majorité absolue !

- Il va nous faire le coup de l’emprunt russe ce connard ! Quand je pense à ce qu’on va perdre. Leur prêter de l’argent avec un taux de 22% alors que la BCE nous l’avait filé à 0%, c’était quand même une super idée. Comment on va faire notre gras, maintenant ?

- Au pire, ce sont les pue-la-sueur européens qui vont nous rembourser.

- Je sais bien. Mais c’est pour le principe. Tu imagines si les espagnols ou les portugais veulent faire pareil ! En plus, on avait presque réussi à créer le paradis en Grèce. On en était à deux doigts. Suppression des services publics de la santé, de l’éducation et de l’information, diminution par deux des pensions de retraites, suppression du salaire minimum …. Il faut toujours qu’il y ait des briseurs de rêves. Tiens, j’en pleurerai !

- Le peuple a parlé.

- Ah ! Me parle pas du peuple, ça me file de l’urticaire ! Un ramassis de connards qui ne comprennent rien à nos intérêts. Quand on lui laisse le choix, il fait n’importe quoi. Regarde Maastricht, on est passé à ça et quand à la Constitution Européenne, il l’a rejetée, le peuple. Si je tenais l’imbécile qui a décidé de leur faire lire, aussi.

- Faut les comprendre. Dedans on avait mis l’interdiction d’une harmonie sociale et fiscale et le détachement des travailleurs …..

- On leur demandait de voter. Pas de comprendre ! Heureusement que le petit nerveux l’a fait voter par des gens sérieux. J’espère qu’aucun connard n’aura l’idée de proposer un référendum pour le prochain traité transatlantique. Ce serait une perte de temps pour sa mise en application ! Non, mais là on a atteint une limite. Moi je te le dis. Pour la France, on leur laisse encore jusqu’en 2017, mais s’ils ne votent pas Le Pen, qui m’a promis de supprimer le droit de vote, il faudra prendre des mesures.

- C’est avec le père que tu avais conclu. Pas sûr que la fille fasse pareil. Vu son discours ….

- T’es con ou quoi ? Le père ou la fille, c’est la même chose ! La devanture a changé mais le fonds de commerce reste le même. 40 ans d’ultra libéralisme et d’antibolchévisme, ça s’efface pas comme ça ! Au pire, il reste la petite fille. J’en ai déjà parlé avec elle, elle est d’accord.

- Et pour la Grèce ?

- Je vais me renseigner auprès d’Obama pour savoir si la CIA n’a rien contre Tsipras. Un bolchévique, ils ont sûrement quelque chose. Sinon, ils inventeront. Au pire, je peux demander à Poutine. Il doit lui rester du polonium !

- Et sinon ?

- Bah, sinon, il faudra armer l’extrême droite et les aider à faire un coup d’Etat. Souviens-toi du Chili de Pinochet, nos affaires marchaient du tonnerre.

- Même après, quand on a fait casquer les chiliens pour rembourser les prêts qu'on avait octroyer à leur Généralissime ! Le coup de génie !

- Tu m'étonnes. Mais rendre un pays européen complètement acquis à nos idées, ce serait quand même mieux. Tous les jours, je prie Saint Friedman pour que ça arrive. C’est quand même inconcevable de devoir supporter tous ces connards.

- Que veux-tu. Si le peuple n’existait pas, nos saints textes économiques pourraient s’appliquer sans entrave.

- Bon, allez, il faut que je te laisse. J’ai rendez-vous avec Bachar pour un prêt. Depuis les attentats de Paris, il est redevenu fréquentable. J’ai le feu vert d’Obama.

- Tu y vas comme ça ?

- J’ai 5 courriers à lui remettre. Une recommandation de Poutine et un courrier d’Obama, de Hollande et de Cameron. J’attends qu’on me fax celle de Merkel. Par contre, je ne peux pas lui prêter à plus de 15%. Ordre du Secrétaire d’Etat au commerce.

- C’est dur !

- Oui, mais comme il va nous acheter des armes et du matos avec, on s’y retrouve. Ah ! Au fait, avant que j’oublie, tu diras à Pete de Standard (& Poors – Note du transcripteur) que je suis d’accord pour prendre ses merdes, mais qu’ils se débrouillent pour les passer en triple A avant 6 mois. J’aurai besoin de fonds à ce moment-là.

- 6 mois ? C’est un peu court ! S’il discute ?

- Et bien s’il rechigne, tu lui diras que j’ai un ancien copain de fac qui vient d’être nommé chez Moody’s. Il ne réfléchira pas longtemps, crois-moi !

Fin de l’enregistrement

 

Amis de la Démocratie et de la transparence, bonsoir !!

SALAUDS DE GRECS !!!
26 octobre 2014

DEMARGERIE RIME-T-IL AVEC MATTEI ??!!

Le patron du plus grand groupe pétrolier européen est tué lors du décollage de son jet privé sur un aéroport moscovite après une rencontre discrète avec le président de toutes les Russies.

 

Laquelle de ses affirmations vous semble la plus probable ?

 

-1- Un conducteur de chasse-neige bourré s’est retrouvé au milieu de la piste de décollage et a percuté l’avion.

-2- Les pétroliers américains n’ont pas apprécié cette rencontre avec un pays sous embargo et ont demandé aux barbouzes US de donner un signe fort aux européens et accessoirement aux russes.

-3- Le responsable de la tour de contrôle était un stagiaire bourré qui pensait que le chasse-neige avait priorité.

-4- Le gouvernement chinois ne veut pas partager le nouveau gâteau russe du pétrole et du gaz et compte bien le faire savoir aux européens.

-5- En fait, il n’y avait pas d’aéroport, il venait juste d’être délocalisé en Chine. (Les russes aussi se sont convertis à l’économie de marché !)

-6- Les russes se sont sentis humilié par les nouvelles propositions tarifaires du groupe pétrolier et le président russe a décidé de revenir aux bonnes vieilles méthodes de la guerre froide.

 

Réponse :

 

Les bonnes réponses sont naturellement 1-3-5, séparément ou ensemble selon l’humeur des journalistes.

Et arrêtez d’être parano, un peu. Merde, quoi à la fin !!

19 octobre 2014

AUTOCAR PE DIEM !!

Ami(e)s de la sodomie quotidienne mais qui fait mal au cul quand même, bonsoir !

Décidément, plus con qu’un élu écologiste, je ne vois pas.

Vous allez me dire, pourquoi m’acharne-je autant sur ces pauvres petits hommes verts qui n’ont qu’un seul but sauver le gros nounours blanc de la banquise qui fond plus vite qu’un glaçon dans un verre de pastis ? Ne serais-je qu’un sale égoïste inconscient qui ne pense pas aux générations futures qui me remercient d’avance de la poubelle puante que je vais leur laisser ! En plus de la dette !

Je vous répondrai qu’ils arrêtent juste de m’emmerder avec ma bagnole qui pollue moins qu’avant, qu’ils cessent de culpabiliser les citoyens et qu’ils dénoncent les pratiques de l’Etat et des grands groupes privés.

En résumé, qu’ils arrêtent d’être des gros cons.

Voyez Bécassine. Elle se fait tacler à cause de la taxe carbone qui a failli mettre les routiers dans la rue et bloquer le pays, elle contre-attaque dans une sortie démagogique digne des grands jours de la campagne de 2007. Les sociétés autoroutières font 20% de bénéfice, ok, on leur tape 10% pour la taxe carbone avortée et 10 autre % pour remplir les caisses. A pis tiens en plus, ils ont qu’à rendre les péages gratuits le week-end ! Ça, c’est de la force de proposition !

Réponse des entreprises susdites via leur porte-parole, j’ai nommé le premier ministre : « T’es gentille cocotte, mais à ton avis si on a augmenté le prix du péage le dimanche entre 16 heures et 20 heures, c’est pour se gaver, c’est pas pour rendre gratuit le meilleur moment de la semaine ! Alors maintenant, tu vas faire joujou avec tes autocollants sous les interrupteurs et tu nous lâches.»

Quant à la taxe carbone, je ne vous fais pas un dessin qui serait forcément indécent, voir obscène, puisque l’ultime solution va être d’augmenter le prix du gasoil. Si on avait commencé par là, on aurait gagné deux ans et des dépenses inutiles.

Mais le plus drôle après cette saillie, fut le tollé unanime des écolo-chons qui au nom de l’écolo-chie (Merci Cockpit), arguèrent que cela augmenterait la pollution car les français prendraient tous l’autoroute le week-end pour bénéficier de cet effet d’aubaine. Bah, oui, je suis con ! Je vais prendre ma voiture et faire 400 bornes pour le plaisir, rien que pour profiter du péage gratuit !

« Faudrait déjà que je puisse mettre assez d’essence dedans, eh ! Couillon ! »

Mais ce n’est encore rien. Car si l’écolo de mes deux a peur de retrouver les pue-la-sueur le dimanche soir quand il rentre de sa maison de campagne, il n’a en revanche aucune crainte du car.

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Crédit : Mon voisin Totoro - Hayao Miyazaki

Je m’explique. Notre nouveau ministre de l’économie, le petit Macaron, est un pur produit de l’ENA, propre sur lui et ultra libéral à souhait. Lui aussi veut mettre un terme aux profiteurs des professions réglementées. Comme ça a pêché du côté des notaires, huissiers et pharmaciens, il tente le transport au travers des cars.

La réglementation est en effet un tantinet bizarre :

« En France, les liaisons interrégionales ne sont autorisées que dans le cadre d’un trajet international. Le car peut faire des arrêts pour prendre des passagers, mais à certaines conditions : les clients en cabotage ne doivent pas représenter plus de la moitié des voyageurs et pas plus de la moitié du chiffre d’affaire de la ligne internationale. Les principaux acteurs sur ce marché sont Megabus, filiale du britannique Stagecoach, Eurolines (groupe Transdev) et la SNCF (via le service iDBUS) » Courrier international — 1248 du 2 au 8 octobre 2014

En clair, si vous voulez faire un Paris – Bordeaux en car, ce n’est possible que si la ligne fait, par exemple, Bruxelles-Paris-Bordeaux-Barcelone !

Or donc, pour Libérez le pouvoir d’achat, libérons les autocars sur les routes de France ! Cela va créer des emplois et du pouvoir d’achat. D’ailleurs les allemands l’ont déjà fait et si les allemands l’ont fait c’est forcément bien !

Effectivement les allemands l’ont fait. En 2013.

Et voilà le résultat au bout d’un an et demi …..

« […] Selon les estimations des experts, le transport par autocar pourrait générer bientôt 600 millions d’euros de chiffre d’affaires par an – en partie au détriment du chemin de fer. Ces nouveaux concurrents ont déjà fait perdre 50 millions d’euros à la Deutsche Bahn [l’équivalent de la SNCF] rien qu’au premier semestre 2014. La grève des conducteurs de train début septembre leur a donné un nouveau coup de pouce : il a fallu affréter des cars supplémentaires en raison de l’afflux de voyageurs. Les chauffeurs de car, qui ne peuvent que rêver des conditions de travail pour lesquelles se battent les cheminots, sont en nombre insuffisant. Car le marché ne cesse de s’accroître.

Guerre des prix.Toutefois, les autocaristes ne gagnent pas encore d’argent. Leurs coûts de fonctionnement sont relativement fixes : carburant, salaires, réparations, amortissement des véhicules et surtout marketing. Ce sont en effet les publicités en ligne – souvent très chères – qui permettent d’appâter le client. Pour faire des bénéfices  il faudrait d’abord que les prix augmentent.

[…] Retards, annulations, Internet défectueux sont souvent dénoncés sur Facebook et sur les forums. Untel, qui a payé son billet 10 euros, veut être conduit à destination en taxi parce que son car a été annulé. “Il y a des limites”, s’offusque Engert – et certains les franchissent allégrement. Mais vu la concurrence actuelle, tout est possible ou presque. »

Martin U. Müller Publié le 8 septembre dans Der Spiegel cité par Courrier international — 1248 du 2 au 8 octobre 2014

 

Vive le vrai libéralisme avec de vrais morceaux de concurrence et de chômeurs dedans.

On dira encore qu’il faut privatiser la SNCF, vu qu’elle perd de plus en plus d’argent !

Et puis le car il ne pollue pas ! N’est-ce pas ? Pas de risque d’accident non plus, avec des chauffeurs mal payés, stressés et fatigués par les nécessités de rentabilité ?

Avez-vous entendu un seul de ces écolos bon teint s’insurger contre cette mesure ?

AU-CUN !

Je connaissais l’écolo rouge-brun, voici venu l’écolo libéral-démagogue qui préfère chier sur la planète pour garder son mandat électoral plutôt que faire de la peine aux grandes entreprises et aux cerbères ultra libéraux.

Futur(e)s ami(e)s tétraplégiques et asthmatiques, bonsoir !

7 septembre 2014

ILS ONT TUE LA-BAS SI J'Y SUIS !!!!!

L'émission emblématique de France Inter a vécu. Après 25 ans de bons et loyaux services, Mermet l'agitateur est jeté aux ordures comme une vulgaire ampoule même pas recyclable !

Les marchands de canons, de béton, d'avions et de caleçons font nous faire une crise de priapisme carabinée pendant que les journalistes écraseront peut-être une larme, la queue basse, en effaçant rapidement les dernières archives de LBJS encore sur leur disque dur. On ne sait jamais !

Quand à la nouvelle patronne de France Inter, elle nous prouve une fois de plus que la docilité servile n'est pas l'apanage des hommes. Une bonne nouvelle pour l'égalité entre les sexes ! Il est probable qu'en 2017, cette femme de poigne devienne ministre de la prop.. Culture du seul vrai gouvernement qui saura mettre à bas l'Anti-France.

En même temps, il l'avait bien cherché à toujours vouloir remettre en doute le dogme friedmannien et ses formidables bienfaits. Il est même étonnant que Mermet est survécu si longtemps. Il ne faut pas qu'il se plaigne. En Chine, les autorités, dans leur infinie sagesse millénaire, n'auraient pas attendu qu'il ait 71 ans pour lui apprendre à vivre !

Voici un texte paru dans le Monde Diplo quelques semaines avant son éviction par l'impétrant. Oraison funèbre du service public qui n'est plus que l'ombre brune de lui-même.

 

Un anniversaire méconnu

IL Y A 70 ANS, LA VRAIE NAISSANCE DE RADIO FRANCE

Le 15/08/2014, par Daniel Mermet
 

Deux choses tétanisent les dirigeants de Radio France : les enquêtes d’audience, reflet d’une logique commerciale, et la nomination de leur président, effectuée sous influence politique. Informer, instruire, divertir : les termes du triptyque fondateur de la radiodiffusion publique ont connu des fortunes diverses. Il y a 70 ans, à la Libération, le troisième ne supplantait pas les deux premiers. Voici, dans sa version intégrale, un article de Daniel Mermet publié dans le Monde Diplomatique de mai 2014.

Les auditeurs reviennent toujours. On pourrait graver cette phrase en lettres d’or sur la maison de la Radio. Quand l’audience décline, quand un président arrive, quand un humoriste se fait virer, quand l’actualité ne fait pas recette, il y a toujours une voix placide dans l’ascenseur pour dire, « Bah, les auditeurs reviennent toujours ! ». Un directeur se demandait même un jour ce qu’il faudrait faire pour que les auditeurs s’en aillent vraiment une bonne fois pour toutes.

Pour France Inter, la première radio de Radio France, deuxième radio généraliste du pays avec plus de cinq millions d’auditeurs chaque jour, l’audience en effet semble un long fleuve tranquille. Pas plus de trois grosses fâcheries en quarante ans. En 1974, lors de l’éclatement de l’ORTF, en 1981 avec l’arrivée de la Gauche au pouvoir, l’abolition du monopole et l’explosion des radios libres et en mai 2005, avec le referendum pour le TCE où le Non l’a largement emporté alors que la rédaction de France Inter avait milité avec ferveur pour le Oui. A chaque fois les auditeurs sont revenus.

Pourtant , quatre fois par an, la publication des chiffres d’audience par le très opaque institut de sondage Médiametrie distille l’angoisse au long des couloirs de France inter. Surtout vers le bureau directorial. Il s’en échappe des volutes de discours avantageux sur la grandeur du service public et la complexité chez Edgar Morin, mais en vérité tout se réduit au seul et unique tracé d’une flèche vers le haut ou vers le bas.

A la machine à café, journalistes et petites mains dénoncent rituellement le système douteux des enquêtes d’audience Médiamétrie, dont sont actionnaires les grandes radios privées afin de fixer leurs tarifs publicitaires ce qui ne concerne pas la radio publique qui est affranchie de cette contrainte, mais qui pourtant est également actionnaire de cet institut.

Incapable d’affirmer sa différence en lui redonnant un sens et une ambition, la radio publique, a fini par s’aligner sur la loi du marché. Imaginez un cheval libre, pouvant aller et courir à son gré à la découverte des grands espaces et qui faute d’esprit et de désirs, viendrait s’aligner auprès des chevaux de labour creusant leur sillon monotone pour le compte d’une société lucrative sans but. Le chiffre d’audience Médiamétrie est devenu le seul critère et le seul but de France Inter. Seule compte la quantité. Le Beaucoup a tué le Pourquoi. Les rebelles de la machine à café l’affirment haut et fort, toutes les grandes conquêtes de l’esprit, toutes les grandes émancipations collectives , apparaissent d’abord minoritaires et subversives. Dans les idées, comme dans l’art, comme dans la politique. Avec Médiamétrie , pas de Galilée, pas de Van Gogh, pas d’Einstein, même pas un Desproges. Et Roland Barthe, sa flèche elle monte ou elle descend ? Le principe du business a contaminé les valeurs du service public de la radio et va lui faire la peau comme la Poste, la Santé , l’Assurance sociale, la banque populaire, l’ enseignement, la recherche…

De la différence à la distinction

Partout l’Eglise de Chiffrologie étend son règne. A Radio France, quatre fois par an, devant un aréopage pénétré, des chiffres magiques sont projetés sur un écran, interrogés et savamment interprétés selon des rites incantatoires empruntées aux antiques devins qui scrutaient le vol des oiseaux ou les entrailles des poulets et donnaient un avis qui bienheureusement, venaient confirmer les ordres toujours exquis de l’Empereur.

Certes, on fait de la radio pour être écouté et il est nécessaire de connaitre la réponse du public. Mais tout autre mode d’évaluation de l’audience a été abandonné. Qualité, utilité, service, débat sur avec le public. D’autres enquêtes sont possibles pour mener le navire vers les grands horizons.

« Ecoutez la différence » tel était le slogan de France Inter à la fin des années 70. Doctement, le directeur expliquait alors qu’il s’agissait de la différence entre un client et un citoyen. Les radios privées s’adressent à un client, les choses sont claires. La radio publique elle, s’adresse à un citoyen. Cette différence tient en deux mots, l’ambition et l’obsession. Avoir l’obsession de l’audience c’est le secteur privé, avoir l’ambition de l’audience c’est le service public. Applaudissements garantis.

« La différence » . La formule a été reprise récemment, plus de trente ans après. Mais c’était une toute autre différence. C’était la distinction. Ecouter France Inter vous distingue du commun des mortels. L’ancien directeur, Philippe Val, l’affirmait clairement, « France Inter ça se mérite, c’est pas beauf, pas démago, pas vulgaire ». Comme naguère dans nos colonies, ce directeur s’était senti investi d’ une mission civilisatrice à laquelle il avait cependant donné des limites très nettes « La meute m’emmerde et j’emmerde la meute » (Télérama)

Ce mépris marque une rupture avec ce « grand public » que constitue les auditeurs de France inter. Dans un message (décembre 2013) un auditeur de Marseille mettait en évidence l’élitisme de cette radio. « C’est une radio généraliste, donc elle est censée traiter de tous les sujets. J’ai passé en revue pas moins de 55 émissions différentes. Si l’on exclut les tranches d’information, on s’aperçoit vite que presque tout les programmes sont au service exclusif de l’industrie culturelle. Si vous êtes chanteur, musicien, acteur, metteur en scène, écrivain, vous avez une petite chance que l’on parle de vous ou de votre univers artistique. Pas moins de dix émissions sur la musique, au moins huit magazines multiculturels, le cinéma, le théâtre sont gâtés, mais la science, l’histoire, l’économie ne sont pas oubliées, de même que nos amis les bêtes, la grande cuisine et le sexe à minuit. L’auditeur cultivé et diplômé est donc choyé. Mais les sujets qui préoccupent au plus haut point les citoyens ont-ils leurs émissions ? Quid de l’emploi et du travail, de la santé et de la protection sociale, du logement par exemple ? Ah, si, le dimanche, entre 13 :20 et 13 :30, le magazine Périphérie traite de banlieue et de ceux qui y vivent ! La voix est libre, mais l’élitisme la rend inaudible au plus grand nombre »

Un autre auditeur affirmait qu’un étudiant en sociologie qui aurait pour sujet « La petite bourgeoisie culturelle parisienne » pourrait faire toute son étude en écoutant seulement France Inter une journée à travers ceux qui parlent et ce dont ils parlent, c’est à dire leur univers culturel, leurs codes, leur monde social. Une sorte de confiscation. A l’image de Paris, on peut parler de la « gentrification » de cette radio, alors même que le cahier des charges de Radio France (art. 5-1) stipule que « La société veille à ce que les programmes donnent une image la plus réaliste possible de la société française dans toute sa diversité. Elle accorde également une attention particulière au traitement à l’antenne des différentes composantes de la population »

On en est loin et on s’en éloigne. Les ouvriers qui sont 10% de la population sont invisibles à la télévision (de 0 à 3%). En revanche les professions libérales et intellectuelles supérieures qui constituent 7% de la population, sont représentées de 62 à 80%. (INSEE 2012)

Et encore, si ouvriers et employés sont visibles c’est dans les émissions de jeux ou dans les émissions de télé réalités non pas sur ces hauts plateaux où l’on parle du vivre ensemble ou de gestation médicalement assistée.

De la même façon, France Inter construit une image fausse de la société par rapport aux structures sociales réelles. De même que la propagande soviétique éliminait grossièrement les indésirables de la photo officielle, on assiste ici à l’élimination des catégories disgracieuses : demandeurs d’emplois, retraités, femmes au foyer ou encore « jeunes des quartiers » Ce mépris profondément ressenti, se traduit par un rejet des médias et des journalistes dans les quartiers populaires. Pour plus de 65% des Français (surtout chez les jeunes) les journalistes sont incapables de résister aux pressions de l’argent, des partis politiques et du pouvoir (étude TNS Sofres La Croix, février 2014) Un rejet qui n’est pas sans lieu non plus avec le vote Front National.

Mais, bah, les auditeurs reviennent toujours !

Jusque là, c’est vrai. Malgré tout, les infidèles sont toujours revenus à la maison. A cet enviable phénomène on trouve des explications. La qualité, le talent, le génie du directeur, le lien passionnel des Français avec leur radio publique... Mais la première raison c’est qu’ « Il n’y a pas de publicité ». Or toutes les études montrent que les Français sont clairement publiphobes.

Mais pourquoi pas de publicité ? Parce que Radio France est financé par la redevance. Non pas par un quelconque impôt mais par une redevance clairement affectée à l’audiovisuel public et dont une partie est attribuée à Radio France. 650 millions d’Euros chaque année, 4 300 collaborateurs permanents, dont 700 journalistes, sept radios nationales. Premier groupe radiophonique français avec 13 millions d’auditeurs quotidiens et une bien belle voiture avec chauffeur pour le Président.

Le Président d’une bien belle société de service public.

Ressources humaines, ressources techniques et budgétaire, un exemple parfait si vous devez défendre le service public. De plus , ici on ne redoute pas les effets de la mondialisation, ni des des diktats de Bruxelles. Beaucoup d’atouts donc pour élaborer des politiques ambitieuses et créatives dans tous les domaines, le profit n’étant pas notre but.

Mais alors quel est votre but ?

Voilà une question bien embarrassante. Pour tout dire, là, tout de suite, comme ça, nous n’avons pas de réponse. Il y avait sans doute un but autrefois, mais il aura été perdu en chemin. Ce but ne peut se limiter à l’audience, à la seule quantité de paires d’oreilles récoltées, chacun en convient la main sur le cœur avec une moue de dégoût. Mais alors quoi d’autre ?

Tout est possible. Cette grande radio publique est un patrimoine et une chance encore préservée avec des ressources humains remarquables, des ressources techniques et budgétaires qui permettent projets et audaces. Les complotistes de la machine à café parlent plus bas. A chaque rentrée, chaque Président, ne manque pas de rappeler, (en citant Albert Camus, Spinoza, Platon et Jean-Marie Cavada ) que Radio France c’est la première offre radiophonique du pays et la première entreprise culturelle en Europe. Un frisson de fierté parcourt l’assistance. Oui, mais quel est le but ? Le Président, ( citant Montaigne, Roosevelt et Bernard Guetta ) rappelle alors les trois grandes missions du grand service public, « Informer, Eduquer, Distraire ».

Trois grandes étiquettes sur trois grandes valises.

Et qu’est-ce qu’il y a dans vos valises ?

Ah, le Président est déjà reparti. L’assistance s’achemine vers le buffet. Passant par là, l’enfant qui ailleurs, avait fait remarqué que le Roi était nu, découvre alors que les valises sont vides.

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© Dessin Daniel Mermet

En décembre 2013, le cinquantième anniversaire de France Inter et de la maison de la Radio a fourni pour beaucoup une rare occasion de découvrir les archives de leur propre histoire.

Les experts de 1963 prévoyaient que la télévision allait réduire la radio à un simple fond sonore. Pourtant dans son allocution inaugurale le président de la République, Charles de Gaulle, voyait là, une grande cause :

« Comme ce qui est utile aux âmes ne l’est qu’en vertu d’une grande cause et comme nous avons choisi la nôtre, il faut que la radio française, tout en captant sans parti pris et en répandant sans exclusive les courants de l’événement, de l’art, de la science et de la politique, concoure à la liberté, à la dignité et à la solidarité des hommes » *

Au moins y avait-il du souffle dans les grandes valises.

Mais en vérité la radio publique était née vingt ans auparavant, fille de la Résistance et du Conseil National de la Résistance, il y a 70 ans cette année, très précisément, le 20 août 1944. Cette date est beaucoup moins évoquée c’est pourtant la source et le socle de cette histoire.

Il faut revenir à ces journées du mois d’août 1944 qui ont précédé la libération de Paris. Au bout de cinquante mois de honte, quartier par quartier, Paris se libère « par lui même ». Mais pas encore. Derrière les volets , les cris de joie attendent encore dans les poitrines. On tire, on tue, on fusille encore, on prend la pose aussi, on retourne sa veste, on meurt vraiment, on arrache les écriteaux en allemand, les drapeaux vont jaillir.

Ceux qui condamnent toujours toute forme de lutte armée dans le monde , oublient ce qu’ils doivent aux anonymes de cette guérilla populaire de Paris. Le gamin sur la barricade, la jeune femme à la mitraillette, les francs-tireurs dans la Citroën rue de Rivoli, le G.I. au sourire Hollywood et aussi la balle qui traverse le crâne du milicien fuyant par les toits, l’Allemand et sa dernière cigarette, le lynchage d’une blonde de bordel et les faux résistants de la 25 ème heure qui seront les plus zélés des épurateurs. Et qui s’en sortiront.

Comme la presse, la radio s’est vautrée pendant quatre ans dans la collaboration. A cette époque la radio est le média le plus puissant au monde. L’aile de la liberté et l’arme du crime. « Radio Paris ment, Radio Paris est allemand » la chansonnette du grand Pierre Dac se fredonne lèvres fermées dans le couloir du dernier métro.

Le 17 août 1944 , Radio Paris cesse d’émettre. Au 116 avenue de Champs Elysées, les collaborateurs quittent fiévreusement le navire en mettant le feu aux archives.

Au 37 de la rue de l’Université, ils sont quelques uns, qui attendent depuis longtemps cet instant là. Quelques jeunes résistants planqués dans un studio de radio. C’est le Studio d’Essai de la Radio Nationale de Vichy. Oui, de Vichy ! Tout en travaillant là, ils ont constitué clandestinement une groupe de résistance en 1943, à l’initiative de Jean Guignebert, le Comité de Libération de la radio, dont fait partie un certain Pierre Schaeffer, en liaison avec la résistance intérieure. Dans le ventre même de l’ennemi, ils résistent. Leur but est d’assurer la relève le moment venu.

Le 18 août, profitant de la débandade, ils ont pris possession des locaux et ils ont tout mis au point, micro, antenne, matériel. L’ennemi est encore là autour, dans la rue, sous les fenêtres, des tirs résonnent, des chars au loin, des sirènes.

Le 20 août sera le grand jour. Grâce à un émetteur clandestin mis en place par le réseau de résistance des PTT, ils vont diffuser pour la première fois. L’émotion est à son comble. A 22h30 voici la Marseillaise. La première à la radio depuis l’armistice de 1940. Quatre ans. Puis, pour la première fois, la voix d’un homme annonce : « ICI… LA RADIODIFFUSION DE LA NATION FRANCAISE ».

Ce sera ce soir là, la seule phrase prononcée sur cette Marseillaise.
Il est 22 heures 31, c’est l’heure exacte de la naissance de notre radio, le 20 aout 1944, un dimanche.

La voix c’est celle Pierre Crénesse, journaliste et reporter de radio. La Radiodiffusion de la Nation Française, la RNF, deviendra la RDF puis la RTF puis l’ ORTF, puis Radio France. Radio France est donc issue tout droit de la Résistance, voilà son ADN, voilà son souffle initial basé sur le programme du Conseil National de la Résistance qui imposait « La liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères »

De quelles influences étrangères parlent le CNR ? Celle de l’occupant nazi en déroute ? Celle de l’URSS ? Ou bien plutôt celle du sauveur américain ? Pour ce qui est de l’indépendance à l’égard de l’Etat, l’histoire montrera que le cordon ombilical n’a jamais été vraiment tranché ! En revanche, même si le pouvoir exécutif a toujours gardé le contrôle du budget, l’indépendance à l’égard des puissance d’argent a tenu jusque là. Et voilà pourquoi il n’y a pas de publicité, et voilà pourquoi les auditeurs reviennent toujours.

Mermet2

© D.M.

C’est la raison majeure mais pas la seule. Par la redevance, Radio France appartient à tous. C’est un bien commun. Alors que depuis trente ans, de la Poste à la Santé, de l’éducation aux transports, de l’eau aux banques populaires, tout est offert à la spéculation, Radio France devient le symbole sonore de l’attachement des Français au Bien Public, en écho surement à sa jeunesse résistante.

Mais sous le ciel plombé de la crise, certaines fines oreilles affirment entendre le sifflement de la faux de la mort des services publics qui s’approchent.

Radio France, menacé ? On ne sait pas. On ne sait pas grand chose de cette maison, ni de la radio en général. Quatorze millions d’auditeurs par jour, et aucune critique. Il y a des critiques à la radio mais aucune critique de la radio. Trop volatil ? Trop plébéien ? Historiens et chercheurs n’ont jamais accordé beaucoup d’intérêt à ce média pourtant mêlé à la vie de milliards d’hommes dans le monde. En France quelques universitaires tenaces, quelques valeureux ouvrages, des sites intéressants, mais bien peu devant l’énorme puissance de ce média dans la fabrique quotidienne de l’opinion, sur la sensibilité, sur le conformisme, sur le langage, sur l’imaginaire, sur ce prodigieux moyen d’éducation populaire pour lutter contre la fracture culturelle, pour favoriser l’émancipation collective et l’épanouissement individuel…

En interne, on est peu enclin à la contestation. Journalistes comme producteurs. Les uns parce qu’ils jouissent d’une situation convenable qu’ils ne trouvent aucun raison de compromettre, les autres parce qu’ils sont précaires et que la précarité conduit à la docilité. Les uns redoutent le placard, les autres c’est la rue. En attendant qu’il soit minuit dans le siècle chacun voit midi à sa porte.

De l’extérieur ? Guère plus. Un article ça et là, une brève promotion, et silence radio. Aucune enquête approfondie, aucune analyse des contenus, aucun projet, aucun débat de fond. L’Education nationale fait l’objet de débat et de réformes constantes. Rien de tel pour Radio France qui s’adresse pourtant à plus de dix millions d’auditeurs chaque jour et joue un rôle majeure sur la culture et l’éducation de tout un pays. Pourquoi ? Du côté des experts et des intellectuels professionnels chacun à une œuvre en cours, un film ou un livre en promotion et n’a pas trop envie de mordre la main d’une radio où la phrase la plus prononcée dans une journée est « Et je rappelle le titre de votre livre ».

Dans le tout premier reportage de la Radiodiffusion de la Nation Française, le 21 août 1944, en direct place de la République au milieu des tirs et des barricades. Il faut se mettre à l’abri pour faire entendre la voix de Georges Bidault parlant au nom du Conseil National de la Résistance, entrecoupé par des rafales toutes proches. D’emblée cette radio est dans la vie dans le battement de l’histoire, avant les discours et les commentaires, elle dit l’inouï, ce qui n’a pas encore été entendu.
Le lendemain, dans l’ivresse de la libération qui vient, le speaker se dit « dument mandaté par le secrétaire général de l’information pour requérir messieurs les curés de faire sonner immédiatement les cloches à toute volée pour annoncer l’entrée des alliés à Paris »
Et aussitôt en effet les cloches se mettent à sonner. Au loin d’abord puis plus proche puis dans tout le ciel de Paris.
Au micro, la voix inquiète et joyeuse ajoute :
« Il faut approcher le micro de la fenêtre ! »

Daniel Mermet (15 avril 2014)

Cet article a été publié dans LE MONDE DIPLOMATIQUE du mois de mai 2014.

 

 

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