Je tiens à préciser que tout ce que vous lirez dans ces lignes est la stricte vérité et qu'aucune affabulation n'atteindrait la cheville de notre putain de réalité !


Hier, mardi 23 septembre, était diffusée une Théma très intéressante sur Arte, intitulée : "Demain vous paierez l'eau de pluie". Comme à mon habitude je l'ai enregistré, mais une fois n'est pas coutume, je n'ai pas mis 6 mois pour la regarder.
Je n'ai toujours pas vu le documentaire sur Mosanto, celui sur le vin : Mondovino, passé sur la 3, il y a quelques semaines, ni le dernier Théma sur les armes ! La honte. Enfin, bon, celui-là, je l'ai regardé vite fait et mon abattement est tel que je ne puis m'empêcher de vous en parler !!
Il n'y a pas de rediffusion prévue et les docs ne sont pas encore sur Arte VOD. J'espère que cela ne va pas tarder et j'essaierais de vous tenir au courant.

Or donc, le thème était la privatisation des services publics. De tous les services publics. Y compris l'eau et l'électricité. Car quand les caisses d'un Etat sont vides, il ne trouve rien de mieux, voir, il y est obligé par la banque mondiale, de brader ses entreprises publiques pour rembourser ses dettes.
Le premier documentaire, allemand, intitulé "Liquidation totale" s'intéressait aux trains de la Grande-Bretagne, à l'électricité en Afrique du Sud, à l'accès aux soins aux Philippines et à l'eau en Bolivie.

En Afrique du Sud, c'est Eskom, la compagnie d'électricité qui a été privatisé. Résultat des courses, seuls ceux qui ont les moyens ont de la lumière. La compagnie a commencé à couper l'électricité de 20.000 foyers tous les mois sur les 150.000 que compte le ghetto de Soweto ! Tout ça pour les obliger à accepter le prépaiement. Autant faire payer ces salauds de pauvres avant, comme ça, pas de mauvaise surprise. Et puis ça génère du cash rapide. Pour le service, on verra plus tard. Par contre, quand ils coupent le jus, ils le coupent !.Ils viennent enlever le disjoncteur et parfois emmener les câbles... On rigole pas.
Heureusement, des robin des bois modernes résistent en rebranchant les habitations.
Après l'électricité, la compagnie de l'eau veut instaurer un prépaiement, aussi !

En Grande Bretagne, c'est bien sûr, British Rails, privatisé par la Dame de fer et éclaté en plus de 150 sociétés différentes. Je ne vous parle pas de l'efficacité et du gain de temps quand personnes ou marchandises veulent traverser l'île !!! Ouarf ! Ouarf !
Après plusieurs accidents mortels, l'Etat a décidé de renationaliser l'entretien des voies ferrées. Il faut dire que le dernier accident mortel a révélé que la société Railtrack, en charge des voies, était au courant qu'un rail était défectueux, mais «n'a pas jugé nécessaire de changer le rail défectueux» !!!

Mieux, cette société n'avait aucun employé et faisait appel à des sous-traitants !

Mais du coup, aujourd'hui, certaines voies sont abandonnées et un express peut se retrouver à suivre un tortillard vue le manque de voies.

Ah, entre 1997 et 2007, le gouvernement travailliste de Tony Blair a plus privatiser que les gouvernements de Thatcher et Major réunis. Amazing, isn't it ??

Ensuite les Philippines, où une pauvre mère, dans les deux sens du terme, court après un peu d'argent pour que son fils puisse avoir ses deux dialyses par semaine. Sinon, il mourra. Avouez que ce ne serait pas drôle, sinon !!
Le système de santé Philippin était un des meilleurs d'Asie du Sud-Est. et gratuit pour les plus démunis. Mais endetté, la banque mondiale l'a obligé à vendre ses services publiques pour rembourser ses créanciers occidentaux !
Aujourd'hui, seuls les riches peuvent se payer des soins dans des hôpitaux qui ressemblent plus à des hôtels, d'ailleurs. Dixit le propre directeur d'un de ses hôpitaux privés
Comme il n'y a plus de sous pour les payer, 100.000 infirmières et infirmiers et 5000 médecins philippins sont partis exercer leurs activités à l'étranger. Depuis 3 ans, 1.000 hôpitaux ont fermé leurs portes ou exercent un service minimum, du fait du manque d'effectif.
On y voit, pour finir, un petit vieux, qui n'est pas sous assistance respiratoire mécanique et qui a du payer de sa poche un homme, debout à côté de lui, qui toute la journée, appuie sur une poche en plastique pour lui envoyer de l'air !


Enfin la Bolivie. La Banque Mondiale, encore elle, a conditionné l'octroi d'un prêt au gouvernement bolivien à la privatisation de l'eau de la 3e ville de Bolivie, Cochabamba. Dès la signature, les prix ont augmenté de 30 à 300 % ! Les sources, qui appartenaient aux paysans, ont été privatisées. Mieux, la loi stipulait même qu'il était interdit de récupérer l'eau de pluie !! C'est-y pas beau, tout ça !!
Les gens s'y sont opposé, (les sales bolcheviques), et le gouvernement à envoyé la police et l'armée. Pour défendre des intérêts privés ! Et, je vous le donne en mille, américain en plus !!! Quand les habitants l'ont su, leur colère a redoublé. Les heurts ont duré des mois et le gouvernement a même instauré la loi martial. Bilan, plus de trente morts, des centaines de blessés. Mais les gens ont tenu bon et à la fin, les ricains sont partis et le gouvernement est revenu sur son intention de privatiser. Aujourd'hui, les habitants de Cochabamba gère leur eau  eux-mêmes et réinvestissent les bénéficient dans la construction de nouvelles canalisations. "La guerre de l'eau" aura duré 6 mois.

Comme quoi, tout espoir n'est pas perdu !!

Le plus choucard était le petit film de propagande du FMI qui a bien sûr refusé tout interview.

Un petit dessin animé où l'on voit un pays imaginaire dont le gouvernement dépense de trop pour des gens "qui ne le méritent pas" !! Salauds de pauvres !

Le dessin animé se termine en expliquant que la suppression des taxes et de la protection des produits locaux, l'ouverture des frontières et la privatisation des services publiques est la seule solution et qu'il est nécessaire de se "serrer la ceinture" !!


Le second documentaire parlait de l'exemple néo-zélandais. Après avoir tout privatisé pour remplir ses caisses vides, ce ne fut pas ses trains qui ont déraillé mais une méga coupure d'électricité de 6 SEMAINES, dans la ville d'Auckland en février 1998 !

Pour optimiser ses bénéfices et pouvoir entrer en bourse, la société  "Mercury Energy" avait licencié la moitié de ses salariés et fermé son centre de formation. Le tout pour un rendement par action augmenté de 21% ... !!  ça vous la coupe, hein !!

Le gouvernement néo-zélandais avait même privatisé la banque de Nouvelle Zélande et contre toute attente, mon dieu, comment cela est-il possible, le chômage avait explosé. pour atteindre près de 7% . Pour une population d'un peu plus de 4 millions d'habitants, c'est pas mal, non ??

«Entre 1997 et 2004, les sociétés étrangères en Nouvelle-Zélande ont empoché 6 milliards d'euros et en ont réinvesti sur place à peine 1/10e"» d'après Ian Shirley de l'université d'Auckland.

Aujourd'hui, le trajet Wellington - Aukland, 680 kilomètres, c'est 12 heures de trajet ! 56 kilomètre heure de moyenne. Enregistrement des bagages à la main. Au bout de 15 ans de privatisation, l'Etat a été obligé de racheter les chemins de fer. Entre autre.

Et vous savez quoi ? Avec la renationalisation des entreprises, le chômage a diminué de moitié. Dingue ça !


 

La globalisation, ça ne marcherait pas aussi bien que ça ? Pas pour tout le monde c'est sûr.

Alors vous qui vantez les bienfaits du marché et vouez aux gémonies le rôle de l'Etat dans la vie économique d'un pays, méditez ces lignes et demandez-vous si vous avez les moyens de vivre dans un univers ultra libéral.

Ah ! J'oubliais, excusez-moi, vous devez avoir un bouclier fiscal ! Veinards.

 

Pour tous les autres, ouvrez votre porte-monnaie ... et pleurez ! Ou décidons de nous battre, comme les boliviens !!