Pour les adeptes de la stratégie du choc, la guerre, c’est le pied !

Quoi de mieux pour terroriser un peuple que la guerre. La guerre réelle ou la guerre probable !!

Depuis le 11 septembre, les sociétés qui s’occupent de sécurité se sont multipliés et leur chiffre d’affaire a centuplé. Israël est aujourd’hui le leader mondial en matière de sécurité. La guerre contre le terrorisme est une aubaine … pourvu qu’elle ne cesse jamais ! Quitte à laisser de temps à autres quelques terroristes poser leurs bombes comme une piqure de rappel pour un peuple naïf qui imagine que l’on puisse vivre en bonne intelligence avec la majorité des gens.

Du coup, il est beaucoup plus facile de dépenser de l’argent pour des caméras de surveillance plutôt que pour l’éducation ou la santé …. CQFD !!

L’Amérique de Bush après l’Angleterre du tas de chair (souvenez-vous des Malouines) en sont les exemples les plus flagrants. Tout le premier mandat du junior W. consista à vendre à prix défiant toute concurrence les fonctions régaliennes de l’Etat à ses amis. L’armée américaine en est devenu le symbole avec la première guerre privatisée de l’Histoire moderne : La guerre d’Irak ! Les Etats Unis ne fournissant plus que les soldats (et encore vu le nombre de mercenaires sur le sol iraquien). Armement, intendance, équipement, base clés en main, tout appartient à des sociétés privées.

Halliburton et Cie construisent, équipent et gèrent les bases militaires et fournissent divertissement (filles ?!) nourriture, blanchissage aux soldats US.  De vraies villégiatures, payées, comme vous l’avez devinez, par les contribuables américains. Car quand on vide l’Etat de sa substance (base de l’idéologie ultra-libérale) et que des sociétés privées se substituent à ses fonctions, elles ne le font pas pour l’intérêt général. Elles veulent que cela leur rapporte !

Petit rappel : les frais de fonctionnement de la sécurité sociale avec toutes ses feignasses de fonctionnaires ne représentent que 5% de son budget global. Une société privée (une complémentaire santé) tourne avec un budget de fonctionnement de 20% de son budget. La société privé a besoin de publicité pour se faire connaître (pas un service d’Etat) de juristes pour faire face aux contentieux et de générer du profit !

Les partenariats public-privé (les P.P.P. en jargon technocratique) en sont l’exemple type. Comment construire un hôpital, une prison ou le formidable Pentagone à la française quand l’Etat n’a plus une thune et qu’il ne faut surtout pas s’endetter plus de peur de voir les agences baisser sa note ou le FMI piquer une grosse colère ?

Simple : confier la construction et la gestion à des entreprises privées qui prendront en charge les frais de construction mais qui en échange feront payer un loyer assez choucard à l’Etat pendant une période de 25 ou 30 ans. Résultat des courses, un coût total pour l’Etat et donc pour nous pauvres contribuables, 5 à 10 fois supérieur au montant que l’Etat aurait pu emprunter pour construire lui-même le bâtiment.

Ah ! J’oubliais, pour un PPP, pas besoin de faire d’appel d’offre ! Elle est pas belle la vie ! C’est parrain Bouygues et copain Lagardère qui sont content !! Nous on pleure !

Or donc, le gouvernement américain a confié à des sociétés privées la guerre et la reconstruction de l’Irak avec à la clé des contrats représentants plusieurs milliards de dollars. A certaines entreprises privées. Mais cette reconstruction,  les iraquiens l’attendent toujours, car les dites sociétés privées commencent par entourber le pognon (d’où les centaines de millions de dollars, « mystérieusement » disparus !). Ensuite ils font venir à grand frais des ouvriers non iraquiens pour faire le boulot. Et les iraquiens regardent la reconstruction de leur propre pays sans pouvoir y participer. Ces citoyens, privés de travail et de revenus ne forment-ils pas alors des recrues de choix pour les extrémistes assassins qui souhaitent le départ de ces envahisseurs accapareurs ?

L’exemple que donne Naomi Klein dans son ouvrage, cité par un membre de Sénat US qui a enquêté sur le phénomène est le cas d’un marché de ventilateurs à destination de l’Irak ou de l’Afghanistan. Le gouvernement US passe un contrat de plusieurs centaines de millions de dollars avec une société privée qui va s’empresser de sous-traiter le marché. Et oui, cela ne s’arrête pas là !! Le sous-traitant va prendre un sous-traitant qui lui-même va prendre un sous-traitant ….. etc … etc … En tout 10 ou 15 sous-traitants vont se goinfrer et au final, un seul ventilateur sera installé !!!!!

Non, non ! Ce n’est pas le premier avril, je vous promets que c’est vrai !!

N’est-il pas formidable le dogme friedmanien ?? Alors bien sûr, les Chicago boys vous diront que c’est une exception et que ce genre d’attitude (oh combien répréhensible !) corrompt son merveilleux système.

Le problème, c’est que comme le marxisme induit la dictature, le friedmanisme qui prône l’absence totale de règle, induit toujours plus de profit pour un tout petit nombre au détriment du bien commun.

L’Homme est ainsi fait !