C’est de pire en pire ou de mieux en mieux, selon les points de vue. On atteint des sommets comme disait Sir Edmund Hillary.

Devrai-je me réjouir du retour annoncé du Messie, sauveur de la vieille (Bettencourt) et de l’or fin et qui n’en finit pas de nous crucifier sur l’autel de sa victimitude ?

Oserai-je gloser sur les errances et les tergiversations de Flanby, le dessert normal qui, à force de creuser dans les sondages ne va pas nous trouver du pétrole, comme l’idiot en colère en son temps, mais carrément du gaz de schiste ?

A croire qu’ils naviguent de conserve pour permettre à la Marine nationale et toujours plus socialiste de récupérer un pouvoir dont ils ne veulent plus.

Devrai-je m’étendre sur la fièvre qui agitent les médias au sujet d’Ebola et qui tend à paniquer le péquin qui craint soudain qu’une pandémie ravageuse ne l’empêche de voter pour le 1er Reich français en 2017 ?

Oserai-je rire de la chute de plus de 5% de la bourse de Paris car le sacro saint empire Germanique entrerai en récession malgré son formidable modèle économique que le monde entier en France lui envie ?

Non, je ne vous ferai pas l’affront de vous faire perdre votre temps avec de choses aussi triviales. Je préfère vous faire partager la joie que me procurent les animateurs de la télé qui développent une novlangue qu’Orwell lui-même n’aurait pu renier.

Après les kilos euros des financiers qui devraient d’ailleurs s’appeler des tonnes euros, vu qu’il y en a mille, après les premiers hectomètres que les cyclistes parcourent au départ d’une étape alors même qu’ils roulent à plus de 60 km/h de moyenne, très appréciés des animateurs sportifs, après la « température ressentie » des présentateurs météo qui renvoie le degré centigrade à une précision de 5 à 10 degrés, nous eussions pu avoir droit de ces mêmes présentateurs météo qu’ils continuent de nous parler en millimètres pour évoquer les quantités de pluie qui s’abattent sur le sud de la France ces derniers jours.

Que nenni. C’eût été trop facile !

 

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Pourtant, question pluie, il n’y a pas plus simple :

1 litre, c'est un décimètre cube, réparti sur 1m² cela donne une hauteur d’1 millimètre. On ajoute une mesure de temps, par heure, pour avoir une référence de ce que peuvent être des précipitations normales. Donc, pour résumer si on vous parle de 200 millimètres de précipitation tombé en une heure, cela veut dire qu’il est tombé l’équivalent de 200 litres d’eau sur un mètre carré. Simple ! Humide, mais simple !

Simple, peut-être, mais pas assez « parlant », pensent-ils, pour le téléspectateur ou l’auditeur qui écoute d’une oreille trop distraite l’oracle météorologique qui se dit sciences, alors qu’il est incapable de nous dire si samedi prochain ce sera barbecue ou choucroute garnie.

Du coup, les présentateurs du temps qu’il devrait faire mais qu’il ne fera pas, ont cogité à s’en faire griller leurs deux neurones pour trouver la phrase choc qui attire l’attention (la mienne, en l’occurrence) et fasse comprendre qu’ils sont très con-cernés par ce qu’ils font.

Et ils ont trouvé. Inventer une nouvelle unité de mesure, susceptible d’être comprise par tous.

Cette nouvelle unité de mesure s’appelle: La « Baignoire ».

D’où la phrase choc : « Il est tombé l’équivalent de quatre baignoires au mètre carré  dans le Gard, aujourd’hui. » Tout de suite on se rend compte que cela fait beaucoup d’eau d’un seul coup. On compatie pour les gardennais. Si vous dites : « Il est tombé 400 mm d’eau dans le Gard, aujourd’hui. » Vous vous dites : Avec ça, je ne me fais même pas un pastis ! » Vous voyez la différence ?!

Alors, oui. Vous allez me dire pourquoi ont-ils gardé le mètre carré ? Et je vous répondrai : pour faire encore un peu scientifique ! Imaginez qu’ils aient inventé une seconde unité de mesure. Cela aurait fait trop d’un seul coup. Et puis la conversion aurait pu leur être fatal au niveau psychologique.

« Combien de Louboutin peut-on mettre dans un mètre carré ? Et sachant que le cuir est poreux, combien peut-on mettre de baignoire dedans ?

Non, non. Les histoires de trains qui se croisent pour arriver à l’heure, c’étaient bon pour les grands parents des années 50 !

Ah la, la ! Que n’avons-nous pensé plus tôt à simplifier ce langage quotidien, source d’incompréhension et parfois de conflit !

Or donc, si vous voulez vous la péter, ne dites plus «  Il pleut des cordes », mais dites « Il pleut des baignoires » !

Amis de la poésie et de la novlangue du XXIe siècle, bonsoir !

 

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Crédit photo : Michel Heuze - Baignoires en batterie - 10 mars 2008

En attente de son aimable autorisation