L'autre jour, une commentatrice avisée m'a fait part de son souhait  de ne plus parler de l'idiot en colère et de trouver d'autres sujets de rigolade !

lapincretin

Si l'envie ne m'en manquait pas, les sujets en revanche sont plus difficiles à trouver !

Et pourtant ! ...... Et pourtant ! ........

J'aime bien la répétition de ce "Et pourtant !", cela donne un petit air dramatique à la phrase et laisse le lecteur dans l'expectative d'une suite qu'il espère haletante et peut-être l'avènement d'une information essentielle pour la gymnastique quotidienne de ses zygomatiques soumis à tant d'épreuve en ces temps difficiles où le rire n'est plus le propre de l'homme mais juste une manifestation musculaire inapropriée, héritée de nos lointains cousins simiesques et qui n'a plus vraiment la cote en ce début de millénaire qui n'en finit plus de commencer.

 

Et pourtant, dis-je, le sujet m'est tombé dessus sans coup férir, un samedi soir dernier chez des amis qui laissent la télé allumée pour suivre les résultats de foot. Oui, ce sont malgré tout des amis !!!

Un bandeau défilant défilait par défi et me filait la flippe en me refilant les derniers morts recensés à travers le monde.

Quand soudain !!

Là encore, vous remarquerez que j'augmente sciemment la densité dramatique de mon propos afin de vous captiver plus avant et que vous ne retourniez pas bêtement vers un site quelconque dont les jeux de couleurs et les photos engageantes vous distrairaient de mon propos, de chambre, loupant ainsi la chute de cette histoire qu'avec force circonlocutions j'essaie de vous narrer !

Quand soudain, le bandeau pas bégueule annonça le suicide d'un prisonnier avec son kit anti suicide !!

Passé le premier moment d'émotion face à la longue liste des suicides pénitentiaires qui n'en finit plus, j'avoue que je fus pris d'un grand éclat de rire face à ce paradoxe sémantique  si coutumier dans notre société moderne.

Passé le temps de rire, je pris le temps de la réflexion et de la recherche.  Qu'étais-ce donc qu'un kit anti suicide.

Pour mon édification comme pour la vôtre, cher(e)s lecteur(trice)s,  je parcouru la toile, et ce que je découvris m'ébaubis :

  «[...] "kits de protection" destinés aux détenus susceptibles d'attenter à leurs jours, contenant des draps et couvertures indéchirables et des pyjamas en papier à usage unique pour éviter les pendaisons, ainsi que des matelas anti-feu.»

lapin_cretin-WC

Ma première réflexion fût que cela ne fonctionnait apparemment pas !

Je me dis alors, que le détenu avait du se pendre, oui parce qu'il s'est pendu, avec ses draps indéchirables ?!

Que nenni, mes amis. Il s'est pendu avec son pyjama de papier !!

«Le jeune homme, qui avait été placé dans une cellule du quartier disciplinaire, «a roulé comme un journal» le pyjama en papier déchirable de son kit de protection, qui est ainsi «devenu plus dur», [...] »**

Se pendre avec du papier ...... Personnellement, j'aurai pris les draps ! Avec des idées aussi tordues, comment voulez-vous que nos énarques envisagent le risque zéro !!

Du coup, la fourniture d'allumettes ignifugées, de couteaux sans lame et la suppression des barreaux aux fenêtres des cellules a été reporté par le ministère de la justice, en attendant une enquête, qui n'en doutons pas, fera toute la lumière sur cette regrettable affaire et sanctionnera de façon méritée l'énarque qui n'a pas su prévoir un tel comportement.

Ma seconde réflexion qui me vint, rouge ou rosé, comme vous voulez, fût l'image de la quantité de papier nécessaire à la fabrication quotidienne de centaines de milliers de pyjamas. Côté Grenelle de l'environnement, le gouvernement fait toujours aussi fort. Quant au draps indéchirables, la proportion de pétrole pour améliorer cette résistante qualité ne doit pas être négligeable.

Au final, une décision à la con qui ne sert à rien et qui coûte la peau des fesses !

C'est à se demander si nous ne serions pas dirigés par les étranges personnages dont j'ai agrémenté mon article ............

 

Pour en savoir plus :

** Un détenu se suicide avec son kit anti-suicide - Libération.fr - 16 avril 2011