Dans la série : «Quess t'en nana à péter, tu prends le pognon et tu casses !» je vais aujourd'hui vous parler de Toyota et de sa pédale d'accélérateur.

Or donc, il était une fois une grande marque d'automobile nippone (ni mauvaise ! ouarf, ouarf !!) numéro 3 mondial du marché, qui après avoir exporté ses méthodes de travail (également appelé Toyotisme) voulut conquérir la planète et par conséquent le marché américain, pour devenir numéro un. Pour se faire, elle du s'installer au pays de l'oncle Sam qui l'accueillit sous conditions. Vous connaissez les ricains !?

La condition principale était que le constructeur fasse travailler les gentils américains en sous-traitant certaines de ses pièces aux Etats-Unis. Ainsi fût fait et il arriva le jour où  les ouvriers deToyota, à force de travailler comme des fourmis (comme disait la Cresson !) firent de leur société la numéro 1 mondiale, détrônant par le fait l'indétrônable GM (Général Motors)
Les ricains accusèrent le coup mais n'en pensèrent pas moins.

Puis vint le scandale que l'on connaît aujourd'hui, écornant pour de bon l'image d'excellence de Toyota. Tous les constructeurs mondiaux se regardèrent en esquissant un discret sourire et vinrent devant les caméras, la larme à l'oeil,  pour plaindre confraternellement la déveine de leur concurrent. Mais sans perdre une minute, les constructeurs américains promirent une prime de mille dollars cash aux bons citoyens qui viendraient rendre leur chiotte niaquoué pour acheter une automobile nationale ! Selon la formule bien connue : La crise engendre le protectionnisme, le protectionnisme engendre le nationalisme et le nationalisme engendre .....

Les dirigeants de Toyota se répandirent en excuse pour leur incompétence évidente et promirent d'y remédier au plus vite. Heureusement qu'il ne peuvent plus se faire seppuku, sinon ça serait l'hémorragie. Au propre comme au figuré ! Le gouvernement japonais fustigea le comportement honteux de Toyota qui nuisait à l'image même du Japon. Les japonais ne comprirent pas, quarante ans de système de travail s'écroula et la confiance menaça de les quitter.
Bref, c'était le bordel !

Fin de l'histoire ... Enfin presque !

En allant chercher des informations plus précises, on se rend vite compte que les pauvres japonais ne sont pas les principaux responsables de cette bérézina. Ils se sont fait niaquoués, pardon, niqués. Et dans les grandes largeurs !

Les japonais n'avaient pas l'habitude de travailler avec des sous-traitants étrangers. Et quand ils furent dans l'obligation de le faire, ils appliquèrent leur méthode habituelle.  Pour faire simple, une fois qu'ils ont convenu du prototype de la pièce avec le sous-tratiant, ils considèrent que la pièce sera fabriquée à l'identique. La fameuse pédale d'accélérateur est fabriquée par CTS. Et pour des questions d'économie (ça vous étonne ?) CTS ne construisit pas la pièce tout à fait à l'identique. Conséquence, un rappel de 8,5 millions de véhicules.

Mais pourquoi Toyota ne s'est pas retourné contre son fournisseur, au lieu de se mortifier tel un vulgaire Jean-Paul II, qui aimait bien tâter du fouet ?
Le pognon, toujours. Le gouvernement américain a gentiment informé Toyota qu'il était hors de question de mettre en cause une entreprise nationale dans les déboires de la firme nippone et qu'il mettrait tout en oeuvre pour protéger les intérêts américains.
Circulez, y a rien à voir !

Ami(s) lecteur(s) qui avai(ent) acheté une Toyota concernée par le problème, remerciez nos amis américains, qui sont restés de grands enfants (comme chacun sait) mais qui n'oublient jamais de vous rappeler qui est le chef !
Notre leader Minimo devrait s'en souvenir, parfois.

Surtout quand il s'agit de recevoir le Dalaï-Lama !.....


Source : "L'Usine Nouvelle" n°3179 - 11 février 2010