Ami de la sodomie discrète mais néanmoins douloureuse, bonjour !

Il est des moments où le cri vengeur du désappointement
ne peut suffire à couvrir le son de l'inexorable décadence des temps. Et là, comme je n'ai plus de voix, je reste muet d'admiration face aux formidables tours de passe-passe que notre bonne et sainte majesté nous concocte à longueurs de journées.

Oui, affirmons-le haut et forts avec les hérauts qui ne ménagent pas leurs efforts pour être bien vu de leur mentor ! Le p'tit faitout est génial ! Et encore, le mot est faible.

Prenez le grand emprunt par exemple. Pendant que chacun s'indigne sur l'endettement monstrueux du pays et ergote sur l'utilité ou l'inutilité d'un tel emprunt, personne ou presque n'a vu le coup de Jarnac. Le gouvernement va généreusement octroyer un milliard d'euros aux universités "méritantes" qui vont devenir des Pôles d'excellence ! (Depuis que les calottes fondent vous remarquerez le nombre de pôles que l'on crée !! ) Sans s'attarder sur la définition de "méritante" pour l'idiot en colère, examinons ce milliard.
A première vue c'est une bonne chose. Tout ceux qui ont eu la chance de passer par une fac connaissent les problèmes de TD surchargés, de chauffage qui ne fonctionne pas l'hiver, de salle transformée en sudatorium l'été,  les livres abîmés ou manquants, la photocopieuse en panne quand il y en a une ... etc ... J'en passe et des meilleurs.

Mais ce milliard n'est pas une subvention supplémentaire. Non, non. Les facs devront mettre ce milliard dans leurs fonds propres ! La belle affaire, me direz-vous ?
Pour tout ceux qui ne sont pas familier avec la comptabilité ou la constitution de société, je rappellerai sommairement que les fonds propres sont l'équivalent des capitaux propres dans une entreprise privée.

«Le rôle des capitaux propres est double. Leur première fonction est de financer une partie de l'investissement. Mais leur objet le plus important est de servir de garantie aux créanciers de l'entreprise qui financent l'autre partie de l'investissement. Au total, l'importance du montant des capitaux propres témoigne du niveau de risque qu'acceptent de courir les actionnaires.»
in "Finance d'entreprise 2010. Pierre Vernimmen, Pascal Quiry, Yann Le Fur. Ed. Dalloz 2009

"Financer l'investissement" ? "Garantir les créanciers" ? "Investissement privé" ? "Niveau de risque" ? Quésako ??
Les universités vont pouvoir s'endetter et aller chercher des capitaux privés ? Pour sûr, puisque l'idiot en colère a clairement dit dans son discours que les financements manquants devront provenir du privé !

Et oui ! Vous avez bien compris. Le Sha ke qi est en train de privatiser l'université française en douceur et sans douleur. Et aucun journaliste ou homme politique n' a élevé la moindre remarque à ce sujet !

Elle est pas belle la vie sous le p'tit faitout ?!

Droit dans le mur, je me tue à vous le répéter !